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Destiny : comment réunir le meilleur des mondes ?
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Fort de ses nombreuses mises à jour, de son update « 2.0 » et de sa troisième extension Le roi des corrompus, Destiny corrige le tir de ses premiers pas et ne cesse d’évoluer pour améliorer une recette basée sur le mélange des genres. Etat des lieux d’une formule qui, à force de rééquilibrages et d’ajouts de contenus, finit par fonctionner.

A sa sortie l’an dernier, Destiny a déçu tous ceux qui voyaient en lui en véritable MMOFPS. De toute évidence, le titre n’est pas ce qu’on attendait de lui : son monde n’est pas totalement ouvert et ses interactions très limitées avec les autres Gardiens n’en font pas le jeu massivement multijoueur tant fantasmé. Même dans la Tour ou le Récif – ces zones de repos ouvertes à tous – la présence de joueurs n’est là que pour donner une impression de vie, pas pour faire des rencontres.

Bref, en termes de libertés, Destiny ne donne pas le vertige que procure un MMO. Mais passé la désillusion, il est temps de le prendre pour ce qu’il est et de constater à quel point il s’est amélioré depuis sa sortie. Au point de proposer une expérience perfectible, certes, mais unique dans le panorama actuel du jeu vidéo.

Des réminiscences de MMO

En fait, Destiny est à mi-chemin entre Borderlands et World of Warcraft. Il permet à plusieurs joueurs de s’unir dans des zones ouvertes pour remplir des quêtes et faire avancer un scénario, avec du butin à la clé (nous y reviendrons). Plus ambitieux que Borderlands mais moins complexe qu’un WoW, le titre profite du jeu en ligne pour rendre l’expérience communautaire. En mission, il est possible de croiser des joueurs inconnus et de les retrouver dans des événements publics qui apparaissent sur la map à des moments bien précis (une idée très intéressante, déjà vue dans Guild Wars 2). Cette dimension multijoueur rend l’expérience plus vivante que celle de Borderlands.

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De plus, Destiny se calque sur la structure d’un MMORPG. Des points d’expérience pour progresser, des arbres de talents pour se spécialiser, des missions à accomplir, des trash, des boss, du PvP, des instances (les Assauts) et des raids. La mise à jour 2.0 renforce d’ailleurs l’aspect MMORPG avec des quêtes facilement identifiables et de régulières récompenses. En fait, la proposition manque surtout d’exploration (rien ne pousse à se promener dans les environnements : peu de coffres cachés, terrain de jeu plus linéaire qu’il n’y parait, etc.) et de sociabilité (pas de réelle communication entre les joueurs, pas de transactions d’items possibles) pour rendre l’univers plus persistant qu’à l’heure actuelle. Pour le reste, Destiny remplit son contrat. Les raids, par exemple, nécessitent une réelle organisation entre les coéquipiers pour être traversés. A l’heure actuelle, le contenu – qui pouvait paraître trop chiche l’année dernière – est devenu très honnête, le jeu ne manquant pas d’épreuves en tous genres pour diversifier les parties.

Un air de Blizzard

L’autre emprunt au MMORPG, c’est évidemment la mécanique du loot sur laquelle repose énormément Destiny. Bien qu’elle puisse être considérée comme un artifice pour prolonger la durée de vie, force est de constater qu’elle rend les parties bien plus excitantes et motivantes. C’est comme jouer à la loterie, dans l’espoir de récupérer un butin qui renforce toujours un peu plus notre avatar. Evidemment, le loot est aussi une manière d’éviter la lassitude à force de répéter les mêmes missions dans les mêmes décors. C’est aussi pour ça que Destiny, bien moins vaste qu’un MMORPG conventionnel, fait du butin son concept-phare. En ce sens, il se rapproche d’ailleurs plus de Diablo III que de Word of Warcraft. Comme dans DIII, le joueur ne récolte pas des équipements en cours de route mais des engrammes qu’il faudra faire analyser par le cryptarque une fois retourné en ville. Si Les deux titres imposent une telle routine, c’est pour augmenter le plaisir lié au loot. A l’inverse de WOW, le ramassage d’un objet implique deux moments forts bien distincts : le plaisir d’avoir obtenu un item inconnu puis celui d’en découvrir sa nature.

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Et ça fonctionne très bien, les armes et les équipements permettant non seulement de gagner en puissance, mais aussi de modifier sa manière de jouer. Délaisser son fusil-sniper vieillissant pour le bazooka fraichement découvert changera évidemment la physionomie des parties. Même les armes du même type proposent différents systèmes de visée ou différentes cadences de tir (là encore, comme dans Borderlands). On notera au passage que le système de loot a été modifié depuis sa sortie, jugé (à juste titre) pas assez généreux. C’est que le calibrage est difficile : il faut faire plaisir au joueur sans qu’il puisse obtenir les meilleurs objets trop rapidement, tout en conservant un équilibre général. Mais avec son atypique mélange des genres, ce MMOFPS-hack & slash coopératif et compétitif (on en rajoute exprès) brille déjà par son audace et sa singularité.

Enormément d’Halo

Mais évidemment, Destiny est avant tout un First Person Shooter. Le fils spirituel d’Halo, qui plus est (rappelons que les deux licences ont été créées par le studio Bungie). Et les amoureux du Master Chief ne peuvent pas rester insensibles face à la patte de Bungie. Une magnifique direction artistique, ces fameuses invasions de vaisseaux dans le ciel qui lâchent des dizaines d’ennemis sur le terrain, le pilotage agréable des véhicules (dont les moteurs vrombissent comme dans Star Wars), la gestion de sa barre de vie et de son bouclier, le PvP, la prise en main… L’amoureux d’Halo navigue en terrain connu dans un Destiny fier de ses origines. Comme prévu, les contrôles sont parfaitement adaptés à la manette (le jeu n’est même pas disponible sur PC) et cette sensation d’apesanteur si caractéristique répond toujours présente. Encore une fois, le titre ne cesse de s’améliorer au fil des extensions. Plus de missions, plus d’instances, plus de raids, plus de maps PvP… sans compter La Prison des Vétérans (une sorte de mode Horde en arène) ou encore le Cuirassé (le nouvel environnement du Roi des Corrompus).

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Les apports sont tels qu’il paraît désormais inconcevable de jouer à Destiny sans DLC (c’est autant une qualité qu’un défaut…), tant le jeu complet n’a plus rien à voir avec sa version vanilla. Mais le titre est encore loin d’avoir corrigé toutes ses tares, à commencer par la répétitivité des situations. L’extension Le Roi des Corrompus a beau apporter plus de diversité (phases d’infiltration, aspect stratégique plus présent contre les boss, exploration mise en avant dans Le Cuirassé…), on souhaiterait plus d’audace dans la mise en scène et le level-design, plus de véhicules à contrôler, plus de diversité dans les objectifs et plus de surprises dans la progression. Il y a bien des trouvailles à certains moments mais dans l’ensemble, Destiny se contente trop d’envoyer des vagues d’ennemis sur les joueurs qui n’ont qu’à tirer sur tout ce qui bouge sans trop réfléchir. Même l’intelligence artificielle des adversaires n’égale pas celle d’Halo.

Alors quitte à s’inspirer de toutes les références citées jusqu’ici, Bungie gagnerait aussi à se rappeler de sa dernière oeuvre, Halo Reach, dont la Campagne est peut-être la plus intéressante de toute la licence. Diversité des objectifs, événements marquants, level-design plus vertical, comportement épatant des ennemis (qui se positionnent dans des endroits stratégiques, se mettent à couvert, etc.), rythme soutenu… Il y a dans la progression de Reach tout ce qui manque au PvE de Destiny. Et les ajouts, discrets, d’un DLC à l’autre, prouvent que les développeurs le savent. Il suffit donc d’espérer que Bungie ne dilue pas trop ses idées et son talent dans le temps, simplement pour justifier d’innombrables extensions.

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