Octobre 2077 dans une petite banlieue de Boston. La pelouse est parfaite, les robots ramassent la moindre feuille que l’automne précipite vers le sol. Je me prépare à une journée tranquille dans cette amérique aseptisée où le communisme n’a pas la moindre chance de poser le pied. J’ai un fils de trois mois et une femme aimante. Je m’ennuie comme un rat mort et je sens déjà poindre le désespoir d’une vie morne qui me fera sombrer dans l’alcool et le buffout. Cinq minutes plus tard, les bombes atomiques pleuvent sur les Etats-Unis : une catastrophe, un drame, la fin du monde… mais pour moi, c’est une libération, le début d’une vraie vie.

Attention au spoil !

Cet article narre l’histoire principale de Fallout 4 dans son ensemble, c’est donc un immense spoiler à ne pas mettre entre les mains de ceux qui n’ont pas encore fini le jeu. Il intéressera ceux qui veulent débattre du scénario (pensez toujours à la balise spoiler dans le forum), ou ceux qui ne pensent jamais y jouer, mais veulent quand même savoir de quoi il retourne.

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Il se passe tout de même quelque chose d’étange dans l’abri Vault Tec où se réfugie ma famille. Un moment nous sommes censés être décontaminés et ensuite des gens étranges arrivent et semblent nous tirer d’un sommeil cryogénique. Je suis enfermé mais ils libèrent ma femme et… Oh non, ils enlèvent mon fils ! Et ils tuent ma femme. Je n’ai jamais voulu Shaun, mais je n’apprecie pas trop qu’on me pique mes affaires. Et je n’aimais plus vraiment mon épouse à vrai dire, mais pas au point de la voir morte ! Mais je ne peux rien faire. Sans avoir eu pu sortir de ma prison, la cryogénisation se relance. Ne savent-ils donc pas qu’il ne faut pas recongeler quelque chose qui a déjà été congelé ?

Qui aurait cru que les abris Vault-Tec se permettaient des expériences de cryogénisation sur leurs résidents. Je me demande s’ils font tous la même chose… En tous cas, ca ne les a pas réussi, tout le monde est mort. Combien de temps faut-il pour terminer en squelette ? Et combien pour qu’un cafard devienne aussi gros ? J’arrive à m’extraire de l’abri. Ma femme décongèle très lentement, si j’ai le temps je l’enterrerai un jour, je ne suis pas un monstre. Dehors, le paysage est tel qu’on peut l’imaginer après les bombes. Je me dirige vers ma maison où je retrouve mon robot domestique toujours en état de marche. Ce truc doit pas avoir une durée de vie infinie, non ? Alors combien de temps… 10, 20 ans ? 200 ? Ah quand même. Bon ben, voilà voilà. Ca fait beaucoup pour une journée, on pourrait croire que j’allais rester prostré au moins quelques jours pour m’en remettre, mais non, le souvenir de mon fils enlevé m’aide à aller de l’av… oh c’est quoi ce bâtiment ? Si j’allais tuer tout ceux qui sont dedans pour voir s’il n’y a pas un truc à récupérer ?

Tuons sans relache

Je suis passé par Lexington et à présent je suis coincé avec une bande de demeurés qui se font passer pour des miliciens. Non seulement je les ai rejoint en vaporisant des gens que je ne connaissais même pas avec une arme laser, mais en plus il veulent que je les aide encore. Je dois récupérer un mini réacteur nucléaire et l’utiliser sur une armure assistée pour repousser les pillards qui les harcèlent. J’ai beau être un ex-soldat, je me demande un peu comment ces miliciens ont survécu aussi longtemps, il suffit de trouver un mot de passe et d’enfiler l’armure, n’importe quel idiot pourrait le faire. Je me réveille après 200 ans et même moi j’y arrive, qu’est-ce que c’est que cette bande d’incompétents ? Et qui a eu l’idée de fabriquer un laser qui se recharge avec un moulinet ?

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J’ai tué un écorcheur : apparemment il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas dans ce pays dévasté. Je comprends mieux pourquoi les miliciens m’ont laissé passer devant, je pense que ces ordures étaient au courant. Ils comptaient peut-être récupérer l’armure sur mon cadavre. C’est à moi maintenant. A présent ils veulent s’installer dans mon ancienne rue, un lieu en ruine totalement indéfendable. Si ça les amuse… J’ai tout de même appris qu’une sorte « d’Institut » mystérieux enlève des gens dans cette zone et les remplace par des copies robotiques humaines, les « synthétiques ». Personne n’a l’air de se demander pourquoi les méchants scientifiques derrière cette histoire feraient quelque chose d’aussi complexe et inutile, mais bon, les gens aiment avoir peur. Cela dit, si je dois retrouver mon fils, ce sera à l’Institut.

Rencontres improbables

Je suis arrivé à Diamond City, centre névralgique de ce qui s’appelle maintenant le Commonwealth. Je me suis fait alpaguer par une femme journaliste qui m’a agressé aussi sec sur la liberté de la presse. Wow, les choses ont bien changée en 200 ans, j’arrive d’une époque où si un journaliste parlait d’une décision du gouvernement avec autre choses que des étoiles dans le yeux, on le soupçonnait de communisme et il rejoignait un programme spécial de rééducation par les radiations. La liberté de la presse dans ce champs de ruine qu’est Boston où à peine trois pélos ne passent pas leur temps à se tirer dessus ? Hey, pourquoi pas ? Le pigiste qui s’occupe de la rubrique nécrologique doit être riche.

Après quelques galères avec un gang de plus, j’ai rencontré le détective Nick Valentine qui pouvait m’aider à récupérer mon fils. A présent, je peux dire que je n’ai rien contre les synthétiques, puisque j’ai moi-même un ami Synth. Je l’aime bien parce que c’est un des rares dans le coin a avoir un peu personnalité, même si c’est juste un fichier dans sa mémoire. Ca en dit long sur les habitants du Commonwealth… J’ai aussi rencontré la Confrérie de l’Acier, qui haissent les synth « parce que ». Ce sont des facho à la limite de l’extrémisme religieux militarisé, mais ils ont du bon matos alors autant en profiter. Je ferais amende honorable en aidant les gars du rail, une faction qui aide les synth, « parce que ». Aussi bien informés que ces résistants puissent être, ils ne semblent pas être au courant que je fricote avec tout le monde. Que voulez-vous, je suis bonne poire et il y a des gens très sympas partout.

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Je ne suis pas un assassin, si ?

J’ai tué le mercenaire qui a buté ma femme et enlevé mon fils, un certain Kellog que j’ai traqué un moment. Ce n’était absolument pas necessaire et totalement gratuit sur le coup, mais bon, j’étais là, il était là, j’avais un fatman… Il se trouve que l’on a découvert juste après qu’un bout de cerveau de cet individu permettait, en fouillant ses souvenirs avec une machine spéciale, de trouver une nouvelle piste vers l’Institut, qui est toujours censé détenir mon fils. Parait-il qu’il serait plus vieux que je ne le pense… Peut-être neuf ou dix ans. Ils auraient pu installer une sorte d’horloge sur leur caisson de cryogénisation à l’abri 111, histoire que je sache combien de temps je suis resté dans ces appartements d’une extrême fraicheur.

J’ai encore tué, un « chasseur » Synthétique cette fois, et avec préméditation en plus. Et ce pour me procurer une puce de téléportation, la technologie utilisée par l’Institut pour aller et venir de leur repaire souterrain. Apparemment le réseau du rail est pour la protection des Synth, sauf s’ils ont dans la tête un gadget d’importance, auquel cas on peut la faire sauter. Pour nous aider à comprendre le bidule, j’ai dû rejoindre la cachette d’un scientifique qui s’est enfui de l’Institut. Il s’est planqué dans une cave au delà du cratère de la bombe qui a originellement frappé Boston. La très haute radioactivité de la région le protège de toute poursuite, sauf peut-être des Synthétiques qui justement le recherchent et ne craignent pas la radioactivité, mais que voulez-vous, les scientifiques sont distraits comme cela parfois.

Je sais comment construire un téléporteur maison, et je vais m’en occuper avec la Milice, histoire que cette faction ait un peu l’impression de servir à quelque chose dans cette histoire. Il me faut de l’énergie, un relais radio, un ordinateur et une plateforme de départ. Heureusement, j’ai un chewing gum, quelques vieilles poubelles et quelques bricoles récupérées ici et là, je devrais pouvoir ficeler du matos haute technologique avec ça. C’est un peu mon talent… Si je pouvais retourner avant la guerre, j’irais voir la télé pour leur proposer une série télé sur ce thème tiens. Quoique c’est trop absurde, ça ne marcherait pas. Bon allez au boulot, que je me téléporte loin de ces gens qui vivent depuis des générations à côté de squelettes sans jamais prendre la peine d’au moins les planquer dans un placard.

Come on, let’s twist again !

Ok… Ok… Au final, mon fils Shaun a dans les 70 ans et il est à la tête de l’Institut. Le téléporteur a fonctionné mais j’étais attendu. Shaun veut m’expliquer le rôle de son petit monde scientifique. Les choses sont très délicates ici : je l’appelle Shaune et fiston alors qu’il a 40 ans de plus que moi. Il me dit « vous » et « père ». Le Shaun de 9 ans vu dans les souvenirs de Kellog était en fait un synthétique. Cette situation n’a pas de sens, pas plus que l’objectif final de l’Institut. Ce regroupement de scientifique veut rester sous terre ? Mais s’ingérer tout de même dans les affaires de la surface. Il veulent sauver l’humanité avec des robots humains… qu’ils traitent comme des esclaves ? Tout cela n’a aucun sens. Et « père » comme se fait appeler Shaun, est un illuminé total. Il faut quand même jouer son jeu pendant un moment.

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Il y a tout de même des gens sympas à l’Institut, c’est un bel endroit. Il suffirait que le personnel ouvre les yeux deux secondes et se rendent compte que les synthétiques sont réussis au point de ne plus être des robots mais bien des êtres humains, alors on pourrait peut-être faire avancer les choses. Pour l’instant, j’organise une fuite massive des synthétiques avec un allié du réseau du rail sur place, mais ce serait dommage de condamner tout ça.

Pour garder ma couverture le plus longtemps possible, je me suis définitivement faché avec la Confrérie de l’Acier. Cela m’a fait drole de buter des gens que je côtoyais quelques temps plus tôt. Certains avaient confiance en moi. J’aimerais pouvoir utiliser toute mes connaissance et toute mon intelligence pour trouver une solution idéale, mais j’ai l’impression d’être un pion au milieu d’une partie d’échec jouée par des enfants de 6 ans. Enfin… l’Institut a son réacteur nucléaire à présent.

Fin express

Les choses s’accélèrent, Shaun veut me voir à la tête de l’institut, mais il faut que j’élimine la Confrérie du Rail, qui elle même a été attaquée par la Confrérie de l’Acier parce que… Parce que. Ils n’ont rien de mieux à faire probablement. Du coup on a fait sauter leur dirigeable, le Prydwen. J’ai massacré des gens avec qui je m’entendais bien, même si je suis en désaccord avec leur chef. Eh, il y avait même des enfants à bord ! Ensuite cela a été au tour de l’Institut : on a évacué les synthétiques dans un bain de sang avant de faire sauter le complexe et mon fils avec. Il était mourant, mais quand même… En échange, j’ai embarqué Shaun enfant, version synthétique.

Tout s’est calmé dans le Commonwealth. Il reste quelques missions à faire pour le réseau du rail, mais rien de bien difficile. J’explore, je découvre tous les jours de nouvelles folies, datant de l’ancien monde ou du nouveau. Des expériences dingues sur la population avant 2077, des gangs de pillards d’aujourd’hui totalement barrés. Moi-même je ne me sens pas très bien. J’ai parfois l’impression que quelqu’un veut faire passer un message d’espoir dans mon histoire, mais personnellement, j’ai juste envie de me tirer une balle dans la tête.

J’ai une femme synthétique à présent, et mon fils synthétique. Je n’ai toujours rien compris à ce qu’ils étaient, ce qu’ils représentaient, mais il me reste quelques dizaines d’années à vivre encore, alors je vais aller chasser l’écorcheur avec mon fusil Gauss et regarder les coucher de soleil du haut du phare où je me suis installé. Et la guerre… La guerre peut bien aller se faire f…



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