EUROPE

Italie: le musée du Capitole rhabille ses statues dénudées pour la visite de l’Iranien Rohani


© Filippo Monteforte, AFP

Dernière modification : 26/01/2016

Lors de sa visite au musée du Capitole de Rome lundi 25 janvier, le président iranien Hassan Rohani n’a vu aucune des statues dénudées, dissimulées derrière des paravents. Un choix qui a fait polémique dans la péninsule.

Autocensure ou protocole diplomatique ? À l’occasion de la visite du président iranien Hassan Rohani, lundi 25 janvier, le musée du Capitole à Rome a dissimulé toutes ses statues dénudées derrière des paravents en bois.

Une initiative prise par respect pour la culture et la sensibilité de l’Iran. Selon des sources au sein de la délégation iranienne, citées par le Corriere della Sera, les Vénus aux seins nus et autre Éros en tenue d’Adam n’ont pas obtenu l’aval d’une inspection préalable de la délégation diplomatique iranienne.

En accueillant son hôte lundi dans ce site prestigieux où de nombreux accords ont été signés, le président du Conseil italien, Matteo Renzi, avait mis l’accent sur la richesse historique des deux pays, assurant qu’ils avaient en commun d’être « deux superpuissances de la beauté et de la culture ».

>> À lire sur France 24 : « Le président iranien en visite en Italie, les entreprises se frottent les mains »

« Che vergogna ! »

Les concessions du gouvernement et du musée italiens en ont fait enrager plus d’un. Dans un tweet, le quotidien de gauche L’espresso a déclaré : « Quelle honte d’avoir couvert les statues du Capitole pour la visite de Rohani ».

Le journal libéral « Il foglio » a lui titré sur « L’Italie met des burqas à ses statues », tandis que le parti anti-immigrés de la Ligue du Nord a dénoncé un « énième acte de soumission à une culture qui ne nous appartient pas. Le gouvernement semble avoir honte de nos racines et de notre histoire. Faut-il mettre le hijab aussi aux œuvres d’art au nom de l’intégration ? »

Cette indignation a fait sourire les Radicaux: « Il y a seulement sept mois, toujours ‘par respect’, les affiches de l’exposition de Tamara de Lempicka ont été couvertes pour la visite du pape dans notre ville laïque de Turin. Personne ne s’en était scandalisé ».

Le vin ni dans les verres ni dans les livres

A LIRE  Bruno Le Roux veut être un ministre de l'Intérieur "au contact"

Toujours par « respect » et pour ménager la sensibilité de son hôte, l’Italie a également accepté de bannir le vin d’un déjeuner avec le président Sergio Matterella, et d’un dîner avec Matteo Renzi. La consommation d’alcool étant prohibé par l’islam, Téhéran ne peut voir le vin ni en peinture, ni en littérature. La semaine dernière, le ministère de la culture iranien a banni le mot « vin » des livres publiés dans le pays.

>> À lire sur France 24 : « Annulation d’un repas à l’Élysée entre Rohani et Hollande à cause du vin »

Si l’Italie a accepté de mettre de l’eau dans son vin, la France s’est montrée plus intransigeante sur son patrimoine culturel spiritueux. Le 17 novembre, Hassan Rohani devait être reçu par François Hollande – une visite finalement repoussée au jeudi 28 janvier à cause des attentats de Paris. Mais lorsque le protocole s’agitait encore dans l’ombre début novembre pour organiser la rencontre, l’Iran avait demandé un menu halal et la suppression des bouteilles d’alcool à table.

La France avait indiqué qu’elle n’accèderait pas à cette requête, l’usage voulant qu’une sélection de vins français soit proposée au cours de repas officiels organisés à l’Élysée. L’idée d’un petit déjeuner avait alors été évoquée, mais rejetée par Téhéran. Finalement, deux mois après, il semblerait que tout repas ait été écarté. Hassan Rohani sera reçu à l’Élysée par François Hollande et Laurent Fabius à …15 heures, pas même à l’heure du goûter.

Première publication : 26/01/2016



AFP – France 24