Aperçu : Hero Must Die, la démo sans fin

Vita

Aperçu réalisé à partir d’une démo japonaise

Nippon Ichi Software a envie de faire parler de lui. Non content de préparer pour la PSVita un RPG pas comme les autres qui a lieu après sa propre fin (!), l’éditeur japonais propose carrément cette semaine sur le Playstation Store japonais une démo de Hero Must Die contenant carrément… tout le jeu !

Mais vous vous en doutez, rien n’est gratuit dans la vie et il y a forcément un truc. Hero Must Die est un RPG inversé : il débute au moment où le héros terrasse le boss final et ramène la paix dans le royaume. Mortellement touché, il succombe à ses blessures. Game over ? Non, car le bon ange Yulia se propose de ressusciter le vaillant guerrier pendant 5 jours, afin qu’il puisse faire le service après-vente de ses exploits. Il est aussitôt rejoint par son ancien allié, le vieux sage Thomas.

Sitôt débarqué dans la capitale Grandom, et c’est assez rare de nos jours, on ne reçoit pas d’objectif, aucune instruction sur ce qu’il faut faire et très peu d’indices. C’est le joueur face à la carte du monde, comme il y a 25 ans !Les 5 jours passent extrêmement vite et une partie ne dure guère plus de 2 ou 3 heures : c’est à vous de réaliser un maximum de choses durant cet intervalle de temps. Plusieurs villes et donjons sont disponibles d’entrée et peuvent être parcourus immédiatement. Cependant, chaque déplacement coûte de précieuses heures et raccourcit d’autant le mince sursis du héros dans le monde des vivants. Il faut donc, comme dans le série Atelier (enfin jusqu’à Atelier Escha & Logy : Alchemists of the Dusk Sky Plus), optimiser sa gestion du temps en permanence, réduire les déplacements inutiles et les séjours à l’auberge.

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Faute d’indications, on tâtonne en jetant un coup d’œil dans telle ville ou tel donjon, les découvertes importantes étant quand même consignées dans un carnet. A chaque fois, le vieux Thomas vous rafraîchira la mémoire en vous contant l’histoire du lieu sa destinée au plus fort de la guerre contre les démons, ainsi que les faits d’armes d’anciens alliés : Hero Must Die est un jeu qui est raconté a posteriori ! On trouve néanmoins assez facilement les héroïnes du jeu, anciennes alliées qui vous vous confieront une tâche bien précise. C’est là que ça se gâte : en 5 jours, il est difficile d’en compléter ne serait-ce qu’une seule ! La prêtresse Sarah vous demandera par exemple une pierre précieuse bien dissimulée ainsi que 264 000 pièces d’or ! Sachant que vous commencez avec « seulement » 99 999 en poche, on vous laisse imaginer le travail nécessaire pour réunir le reste, au moyen de coffres bien garnis et de revente de biens inestimables. De plus, les donjons sont plutôt casse-tête et font perdre beaucoup de temps et d’énergie, bien que la carte soit fournie. À ce stade, on est vraiment dans du die and retry avec la nécessité de se souvenir précisément de comment est composé l’univers du jeu.

En effet, pour ne rien arranger, notre pauvre héros subit les effets de sa demi-vie. La mort approchant, il va graduellement perdre en statistiques : ses HP, MP vont diminuer, et va même oublier des sorts ! Hero Must Die va donc jusqu’au bout de sa logique et renverse tous les pré-requis du RPG : c’est un jeu de rôle où l’on ne devient pas progressivement plus fort, mais plus faible ! Encore pire, votre personnage peut soudainement entrer dans un état de fatigue qui ne fait qu’empirer si vous ne vous reposez pas, accélérant encore son affaiblissement.

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Les combats de Hero Must Die prennent donc une saveur bien différente des autres RPG, car il faut se lancer dans les plus durs tout de suite ! Ceux-ci se font au tour par tour de manière extrêmement classique, avec attaques physiques, magiques et sorts de soutien. Il y a une très grande emphase sur les faiblesses et les résistances élémentaires, car plusieurs sorts peuvent réduire la résistance des ennemis à tel ou tel élément naturel. Thomas utilise un sceptre d’eau et le héros un puissant sort de feu (enfin, tant qu’il le possède…), il ne faut donc pas faire n’importe quoi, surtout à partir de mi-partie. Gros bémol, la participation des héroïnes est conditionnée à la validation des quêtes, si bien que la majeure partie du temps, vous n’avez que deux personnages. La marchande Bibi est la plus facilement disponible, mais le facteur chance est là très important car elle n’apparaît que par hasard dans certains endroits bien précis. Avoir ce troisième membre de l’équipe est tout de même bien pratique : ses dagues provoquent souvent la mort instantanée. Voilà la limite de cette « démo-jeu », puisque le new game+ y est impossible et tout va dépendre de comment il est géré dans la version finale.

Graphiquement et en sa qualité d’ancien jeu mobile, on n’attendra pas monts et merveilles de Hero Must Die qui fait le strict minimum question modélisation des personnages. Tout au moins avons-nous échappé au super deformed en vigueur sur la plupart des RPG 3DS ou mobile, avec pour le coup des proportions réalistes pour le corps des personnages, ce qui n’est déjà pas si mal. Aucune objection en revanche sur son design délicieusement classique, qui rappelle les débuts du JRPG : royaume, villages, cryptes… le tout est une ode vibrante aux années 90, qui émerveille comme aux premiers jours du genre. Contrairement à la version de base, l’édition PSVita est entièrement doublée par des pointures du milieu au Japon, notamment la star montante Kakuma Ai (la voix de Yulis dans l’anime Asterisk Wars) qui double Ryû ici.

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Toujours est-il que le héros sera inévitablement rattrapé par son destin et s’effondra quand sonnera le glas. Ses funérailles se tiennent alors et les différents intervenants se succèdent sur sa tombe, avec des mots plus ou moins cordiaux en fonction que ce que vous avez pu réaliser. Le « score » de la partie est décompté en fonction du nombre de participants aux funérailles, et au nombre de personnes en deuil.

Nos impressions

On sent l’attrait et le potentiel de Hero Must Die à travers son système de jeu unique, son absence totale de linéarité et son classicisme délicieux. Cela dit, le jeu n’est pas renversant graphiquement et la durée de vie n’a pas l’air énorme non plus. Plus que cela, ce sont vraiment les mécaniques de new game+ qui feront sa qualité, le titre étant quasiment du par cœur en l’état.

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Contributeur de jeuxvideo.com

14 février 2016 à 19:00:00



Source JV.com