Par Isidore Kwandja

femme afrique credits steve evans (licence creative commons)

Depuis 1975, le 8 mars de chaque année, les femmes de partout dans le monde célèbrent la Journée internationale de la femme. Une occasion pour elles de marquer une pause et se remémorer le véritable parcours du combattant qu’elles ont mené pour revendiquer leurs droits légitimes et parvenir à convaincre les États d’adopter différents instruments nationaux et internationaux de lutte contre toutes les formes de discrimination à leur égard.

Chaque année, elles commémorent cette journée en organisant différentes manifestations festives, projections de films, colloques et conférences… pour échanger sur l’évolution des droits des femmes et surtout pour rappeler à l’humanité que, malgré les avancées notables dans la reconnaissance de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de vie, obtenues de haute lutte, rien n’est acquis et coulé définitivement dans le béton. Il s’agit d’un combat de tous les jours que celui de plaider en permanence pour la promotion de l’égalité des droits et des chances entre les hommes et les femmes à travers le monde.

Le thème de la Journée de 2016 est : Planète 50-50 d’ici 2030 : franchissons le pas pour l’égalité des sexes. En effet, les Nations unies imaginent un monde en 2030 où toutes les femmes disposeront d’opportunités et de droits égaux. Pour atteindre cet ambitieux objectif, il est demandé aux gouvernements des États membres de prendre des engagements nationaux destinés à combler les inégalités entre les sexes, notamment en prenant des mesures législatives, en élaborant des politiques publiques et surtout en investissant massivement pour franchir ce pas.

L’instrument par excellence que les gouvernements devraient utiliser pour faire avancer l’équité et l’égalité des sexes, et ainsi assurer le respect de leurs engagements internationaux à l’égard de la femme, est la mise en œuvre effective de l’Agenda de 2030 fixant les 17 nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) qui favorisent l’autonomisation des femmes.

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Il est important de rappeler ici qu’en vertu du droit international, et des Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques, et aux droits socio-économiques et culturels, les droits de la femme et l’égalité des sexes relèvent des droits de l’homme qui sont enchâssés dans les différents traités internationaux et contraignants, tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). La grande majorité des États signataires de cette Convention ont également ratifié la Convention (C-100) de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) relative à l’égalité de rémunération, entre la main-d’œuvre masculine et féminine pour un travail de valeur égale.

Même combat, mais victoire à deux vitesses

Si dans les pays développés, les conditions de base essentielles à l’affirmation de l’égalité des droits, notamment en ce qui concerne le droit d’accès à l’éducation, à la formation et à un travail décent, l’accès aux soins de santé adéquats et au choix relatif à la santé reproductive ; si des pas de géant ont été franchis dans la voie de l’affirmation des droits civils et politiques, socio-économiques et culturels des femmes ; si des progrès notables ont été accomplis, notamment les droits de participer à la prise de décisions démocratiques dans tous les domaines : politique, économique, social et culturel… il n’en est pas ainsi pour des nombreuses femmes de pays en développement où leur statut et leur condition sont parfois en contradiction évidente avec des engagements internationaux souscrits par leurs États.

Indépendamment des difficultés d’ordre financier que cela pose aux pays en développement de réaliser les droits socio-économiques et culturels de leurs populations en général et des femmes en particulier, existe également un manque de volonté politique pour faire évoluer concrètement le statut et la condition de la femme sur les plans juridique, politique, socio-économique et culturel.

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En Afrique notamment, des nombreuses femmes sont victimes, quotidiennement, des facteurs socio-culturels perpétuant les inégalités et la discrimination fondées sur le sexe. Ces facteurs Couplés avec le manque d’éducation et d’information sur les droits en matière de sexualité et de reproduction notamment, ils affectent sérieusement les droits des femmes de décider librement si elles veulent ou non des enfants, quand et combien.

Passer des paroles aux actes

Pour franchir le pas de l’égalité des sexes en 2030, il est indispensable que les gouvernements du Nord comme du Sud assument pleinement leurs engagements pour éliminer toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes. En effet, on a souvent comme l’impression d’un manque manifeste de cohérence entre les engagements pris et les moyens alloués pour leur mise en œuvre effective, et ce, conformément aux dispositions contenues dans les principaux instruments ratifiés par les États, pour réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes.

On ne le dira jamais assez, le manque d’éducation et de formation est un obstacle majeur à l’épanouissement de la femme. Il est évident indiscutablement que faute d’éducation suffisante, nombreuses sont les femmes à la fois victimes de discrimination, de violence fondée sur le sexe et de violation de leurs droits et libertés fondamentaux.

Ce qui nous pousse à croire qu’existe un lien direct facile à établir entre le manque d’éducation et de formation, la discrimination faite à la femme, la violence fondée sur le sexe, et la violation des droits et libertés fondamentaux de la femme. C’est par l’éducation et la formation que l’on pourrait briser cette quadrature du cercle qui porte atteinte à l’intégrité physique et mentale de la femme, contribue à son enfermement dans le rôle subordonné, et la maintient ainsi dans l’extrême pauvreté.

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Le rôle traditionnel que jouaient jadis les hommes et les femmes dans la société est en train d’évoluer considérablement, tout comme la structure familiale. Il est donc nécessaire d’investir dans l’éducation de la jeune fille pour garantir l’égalité des chances pour tous de participer à la vie sociopolitique et à la prise de décisions qui la concernent, d’accéder au marché du travail et de contribuer à la réalisation de son plein épanouissement en société et au sein de son foyer.

Procurer une éducation de qualité à toutes les jeunes filles est la base fondamentale pour assurer l’égalité des chances en matière d’emploi et garantir l’autonomie financière des femmes, au même titre que les hommes. C’est donc par l’éducation et la formation que les femmes pourront se départir des pratiques rétrogrades qui les marginalisent, se libérer des facteurs socio-culturels qui les empêchent de jouir des mêmes droits et libertés que les hommes dans certaines sociétés à travers le monde.



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