La Slovénie a annoncé mardi 8 mars qu’elle ne laisserait plus, sauf exceptions « humanitaires », passer de migrants par son territoire à partir de minuit (23 heures GMT), avec pour finalité de fermer la route des Balkans.

L’accès à la Slovénie ne sera plus autorisé qu’aux « étrangers remplissant les conditions pour entrer dans le pays », à ceux souhaitant y demander l’asile, ainsi qu’à des migrants sélectionnés « au cas par cas, en fonction de motifs humanitaires et en accord avec les règles de l’espace Schengen », a annoncé par communiqué le ministère de l’intérieur slovène.

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« La route des Balkans est en train d’être fermée »

Réagissant à cette décision, la Serbie a déclaré : « La route des Balkans est en train d’être fermée pour les migrants. » La veille, les participants au sommet européen sur les migrants avaient refusé de mentionner la fermeture de cet itinéraire migratoire majeur, qui a été emprunté en 2015 par 850 000 personnes. « Il ne peut s’agir de fermer quoi que ce soit », avait protesté la chancelière allemande, Angela Merkel.

Pourtant, de fait, plusieurs pays des Balkans, ainsi que l’Autriche, ont instauré des restrictions à l’arrivée de migrants. La Slovénie, ainsi que la Croatie, la Serbie et la Macédoine, qui se situent sur l’itinéraire des demandeurs d’asile partant de Grèce, avaient déjà drastiquement limité les entrées sur leur territoire depuis la fin de février, avec l’instauration d’un quota commun de 580 migrants par jour.

Reconduire les migrants en Turquie

Ce quota ne sera donc plus en vigueur, précise le ministère de l’intérieur slovène. Dans les faits, entre 50 et 300 migrants par jour en moyenne ont ces derniers jours été autorisés à quitter la Grèce par la Macédoine. Cette restriction provoque un engorgement de plus de 36 000 migrants en Grèce, où les demandeurs d’asile continuent à arriver depuis la Turquie.

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Les pays de l’Union européenne ont durci le ton lundi, lors d’un sommet à Bruxelles, et sont désormais prêts à reconduire en Turquie tous les migrants qui arrivent illégalement dans les îles grecques, sous réserve d’un accord restant à finaliser avec Ankara.

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