Le Test

Spécialiste des screenshots retouchés et des vidéos pipeaux, Ubisoft est passé maître dans l’art de créer le buzz, quitte à décevoir les joueurs au final. Après la douche froide Watch_Dogs, nous étions tous inquiets quant à l’avenir de The Division, qui avait fait sensation à l’E3 2013… et qui n’avait pas tenu ses promesses graphiques lors des différentes phases de beta. Trois ans après son annonce initiale, il est temps de découvrir ce que vaut vraiment le jeu !

Commençons donc par évacuer d’emblée la question des graphismes, à laquelle on peut répondre succinctement de cette manière : oui, il y a bien eu un downgrade graphique par rapport à la première vidéo révélée en 2013, mais le jeu reste superbe ! Le moteur Snowdrop a plus d’un tour dans son sac et, surtout, la direction artistique est absolument sublime. La représentation de New York est impressionnante de fidélité, les différents effets atmosphériques sont criants de vérité, les effets spéciaux explosent bien comme il faut, les couleurs sont tour à tour chaudes ou glaciales, et les environnements sont bourrés de détails. Des sacs poubelles qui s’amoncellent dans les rues jusqu’aux habitations et magasins abandonnés mais toujours remplis d’objets, en passant par les innombrables carcasses de voitures et les installations paramilitaires disséminées dans la ville, tout contribue à renforcer une ambiance post-apocalyptique prenante et crédible. Pour couronner le tout, l’optimisation du jeu est absolument remarquable, notamment sur PC où on atteint facilement les 60 images par seconde en détails élevés avec une configuration moyenne. Bref, même si le mirage de l’E3 2013 ne s’est pas complètement concrétisé, il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour se plaindre de la qualité visuelle finale du jeu. Et si nous avons affaire à une ambiance de film-catastrophe, c’est naturellement parce que le scénario est à l’avenant. Heureusement, il ne s’agit pas d’une sempiternelle histoire de zombies mais « seulement » d’une variante de la variole qui s’est propagée dans la population new-yorkaise via les billets de banque et a plongé la ville dans le chaos. Les émeutiers pillent tout ce qu’ils peuvent et tirent sur quiconque se met en travers de leur chemin, les évadés de la prison de Rikers Island laissent libre cours à leurs pulsions destructrices, et les nettoyeurs se sont mis en tête d’éradiquer le virus en brûlant vive toute personne malade ! Face à eux se dressent les soldats de la Division, dont vous faites partie. L’histoire bénéficie d’une narration morcelée, qui mêle scènes cinématiques (où le héros passe un peu pour un abruti à nos yeux, car il reste muet en toutes circonstances), journaux intimes à ramasser, enregistrements audio à collectionner, et autres scènes du passé à visualiser. Et le gameplay dans tout ça ? Eh bien il est pour le moins protéiforme !

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UN P’TIT SHOOT ?

 

Tom Clancy s The DivisionThe Division est un shooter. Et plus particulièrement un TPSà la Gears of Wars, qui met l’accent sur les couvertures. Basés sur des armes de prime abord réalistes (on ne peut d’ailleurs en utiliser que trois simultanément), les affrontements sont rythmés par les lancers de grenades (à fragmentation, incendiaires, étourdissantes, etc.), les rechargements réguliers, et les moments où les joueurs et les ennemis prennent le risque de relever la tête pour arroser leurs adversaires. Intuitif et maniable, le système de cover permet de passer facilement d’une couverture à une autre, et même de tourner aisément autour d’un élément tout en y restant collé. Les sensations de tir sont bonnes et, dans son ensemble, le gameplay se montre aussi efficace qu’agréable. On pourra tout de même reprocher l’inconsistance de l’IA qui, parfois, tente bien quelques manœuvres de contournement mais reste un peu trop statique d’autres fois. Ou qui envoie régulièrement à la boucherie des ennemis kamikazes, qui n’hésitent pas à se précipiter vers le héros et ses trois armes à feu, alors qu’ils ne sont munis que d’une simple arme blanche. Vous trouverez également ici ou là des joueurs se plaignant qu’il faille parfois mettre plusieurs dizaines de balles dans la tête d’un ennemi pour l’abattre. Un reproche en vérité totalement déplacé, auquel avait également eu droit Borderlands en son temps. Car tout comme le titre de Gearbox, la dernière création d’Ubisoft est très loin d’être seulement un shooter.

 

UN P’TIT LOOT ?

Tom Clancy s The DivisionThe Division est un RPG. Ou plus exactement un action-RPG, façon Borderlands ou Diablo. Vous y trouverez donc du loot à foison, les armes, armures et autres accessoires étant disponibles en cinq qualités : usagé (couleur grise), standard (vert), spécialisé (bleu), supérieure (rose) et haute qualité (jaune). Dès lors, en choisissant une arme dotée de bonus corrects et d’un niveau correspondant à celui des ennemis du moment, l’argument « les ennemis absorbent trop de balles » ne tient plus. Il faut également tenir du compte du niveau du héros qui, par ailleurs, possède trois attributs principaux : arme à feu (augmentation des dégâts), endurance (augmentation de la santé) et composants électroniques (augmentation de la puissance des compétences). Ajoutez à cela de multiples compétences, modifications de compétences, talents et autres bonus, et vous obtenez de quoi régaler les amateurs d’optimisation, qui pourront « min-maxer »à loisir. La contrepartie de cette richesse réside dans la complexité des différents menus d’interface, dans lesquels on se perd facilement et qui manquent indubitablement de clarté. Par ailleurs, l’introduction de statistiques et de talents va à l’encontre du réalisme des premières fusillades, puisqu’on se retrouve assez rapidement à lancer des « sorts » de soins (qui prennent la forme de grenade soignantes quand il s’agit de venir en aide à distance à nos coéquipiers), à utiliser des mines à tête chercheuse, à réaliser des tirs à la tête qui ont 50% de chances de ne pas utiliser de balle, ou encore à recevoir 30 balles pour l’arme principale chaque fois qu’on tue un ennemi avec notre arme de poing. Le jeu n’hésite donc pas à sacrifier le réalisme sur l’autel du fun, mais on ne peut décemment pas considérer cela comme un défaut. Surtout lorsqu’il s’agit de s’amuser à plusieurs, ce qui est très fortement conseillé ici.

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UN P’TIT GROUPE ?
 

Tom Clancy s The DivisionThe Division est un MMO. Ou plus exactement un MMO-light, comme en témoigne l’outil de création de personnage assez pauvre (on croise beaucoup de clones), la limitation des groupes à quatre joueurs et, heureusement, l’absence d’abonnement mensuel. Mais il s’agit tout de même d’un open world, qui demande d’être connecté en permanence, dans lequel on peut faire du PvE ou du PvP. Les asociaux pourront malgré tout parcourir les missions en solo, au prix d’une difficulté plus importante et d’un peu moins de fun. En effet, clairement pensé pour le coop, le level design incite fortement aux manœuvres de contournement, qui permettent par exemple de tirer dans le réservoir arrière d’un ennemi équipé d’un lance-flammes pendant qu’il s’acharne sur l’un de nos coéquipiers. Ou plus simplement de se répartir la tâche quand les ennemis débarquent en nombre. De plus, jouer à plusieurs donne droit à une seconde chance (et même plus) lorsqu’on tombe au combat, puisque nos partenaires peuvent nous réanimer. Il est même possible de ramper jusqu’à eux afin de leur faciliter la tâche. Dans l’idéal, The Division se joue donc avec des amis connus de longue date, tous micros ouverts, afin d’éviter les joies des groupes constitués sur le pouce, où l’un des membres rushe  pour être le premier à activer un dispositif, tandis qu’un autre traîne la patte et fait office de boulet.

Tom Clancy s The DivisionEn tout cas l’intégration du multi dans les missions principales, secondaires ou aléatoires se fait de manière relativement transparente, et il est très simple de rejoindre d’autres joueurs, fussent-ils des inconnus. Par ailleurs, les rues perpendiculaires de New York se prêtent très bien à un découpage de la carte en zones dédiées à tels ou tels niveaux de personnages, ce qui renforce l’aspect MMO. Chaque joueur dispose tout de même d’une base d’opérations qui lui est personnelle, et qu’il peut améliorer à sa guise en rajoutant des modules à l’aide médicale, l’aile de sécurité et l’aile technologique. Un élément de gameplay solo dans un jeu tout de même très orienté multi, comme le prouve la présence de la Dark Zone. Ce quartier hautement contaminé représente en réalité la zone PvP, même si les affrontements entre joueurs y restent optionnels. On y trouve le meilleur loot possible, mais des règles bien spécifiques viennent pimenter la chasse aux mobs et autres ouvertures de coffres. Chaque pièce de butin doit être expédiée par hélicoptère afin d’être décontaminée. Le temps que l’engin arrive, des ennemis peuvent tout à fait vous attaquer afin de vous dépouiller. Et ces ennemis peuvent très bien être d’autres joueurs. Ceux-là même qui, par exemple, vous prêtaient main forte quelques minutes auparavant ! Cependant, la traîtrise est immédiatement sanctionnée, puisqu’un agent de la Division renégat voit pour quelques tempssa position indiquée aux autres agents, pour qui il devient une proie de choix (bonus d’XP, plus la perspective de récupérer honnêtement le butin mal acquis). Un principe qui fonctionne très bien, et qui assure de longues heures de farming aux amateurs du genre.

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