Ne pas quitter le bâtiment, et, si on est dehors, entrer dans le premier immeuble de la Commission européenne, non loin. Telle est la consigne de sécurité qui a été donnée, dans la confusion, aux différents employés des institutions européennes à Bruxelles, après l’explosion survenue dans la rame de métro à la station Maelbeek, vers 9 heures mardi 22 mars.

Le quartier européen de Bruxelles abrite des centaines de bâtiments appartenant aux trois institutions majeures de l’Union européenne : la Commission, le Conseil et le Parlement.

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  • A la Commission européenne : calme au Berlaymont, confinement dans d’autres bâtiments

Le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission, était calme mardi matin, témoignait une porte-parole.

« Toutes les avenues sont évacuées et bouclées. Un hélicoptère tourne bas dans le ciel. Des fonctionnaires européens parlent d’une secrétaire dont la moitié du corps a été brûlé dans l’explosion. La majorité des blessures dans l’attentat du métro paraissent être des brûlures », a rapporté notre journaliste Florence Aubenas.

La conférence de presse quotidienne, qui se tient à midi, a été maintenue, comme l’a assuré Margiritis Schinas, porte-parole en chef de la Commission. Mais, en début d’après-midi, la Commission était complètement bouclée.


Certains des bâtiments de la Commission, où travaillent les salariés des différentes directions, sont beaucoup plus proches de la station Maelbeek.

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Selon une employée, les bâtiments de la direction générale agriculture et de la direction générale des affaires maritimes et de la pêche ont été évacués. Une sortie du métro arrive au pied de ces deux bâtiments, dans la rue Joseph-II, qui est parallèle à la rue de la Loi. Les blessés sont soignés dans les halls des bâtiments autour, ajoute-t-elle.

Elle précise que des blessés légers ont notamment été accueillis dans la direction où elle travaille, un peu plus haut dans la même rue. Les personnes à l’intérieur du bâtiment n’ont pas le droit d’en sortir pour le moment.

« J’aimerais bien rentrer chez moi. On est barricadés, on doit rester. On n’arrive pas à travailler, on a pris un café dans la salle de réunion », racontait-elle ce matin. Elle a pu sortir de l’immeuble un peu après 14 heures, avec une collègue. « La sécurité nous a fait comprendre que c’était à nos risques et périls, mais ne nous a pas retenues. »

« Je n’ai pas pris le métro ce matin, contrairement à d’habitude, parce que j’avais un rendez-vous médical juste à côté de mon travail. J’entendais les sirènes, et ça m’étonnait parce que l’aéroport est loin. En arrivant dans ma rue, j’ai vu des gens au sol, avec du sang partout. »

« De notre équipe, il n’y a personne de touché. Mais dans une rame de métro bien remplie, il y a soixante-dix personnes, donc on s’attend à apprendre bientôt qu’il y a des gens de la Commission, des collègues, parmi les victimes. »

Juste à côté d’une des sorties de la station Maelbeek, rue de la Loi, l’hôtel Thon accueille également des blessés, rapporte un journaliste :



  • Au Parlement européen : les accès fermés
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Le Parlement, qui est situé à dix minutes à pied de la station Maelbeek, a renforcé son niveau d’alerte au niveau « alerte jaune renforcée » (équivalent de l’alerte de niveau 4 des autorités belges). Les salariés souhaitant accéder au bâtiment doivent montrer leur badge et leur carte d’identité, dit Jaume Duch, responsable de la presse du Parlement européen.

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Un attaché parlementaire explique que deux des trois accès du Parlement ont été fermés. « En entrant, j’ai entendu que les policiers avaient l’ordre de mettre des gilets pare-balles. L’ambiance à l’intérieur est très pesante, on se sent isolés du reste du monde, on voit les hélicoptères qui survolent le quartier, on entend les sirènes. On pourrait rentrer chez nous, mais ici, on est relativement à l’abri et on est mieux tous ensemble. On sent que le chaos n’est pas loin. »

Lui-même se rendait au Parlement en métro quand la rame a explosé. « Je devais descendre à Maelbeek, j’étais deux stations avant. J’aurais pu y être. J’essaie de prendre de la distance, c’est difficile de réaliser. »

A midi, une minute de silence a été organisée par la délégation espagnole du Parti populaire européen, ajoute-t-il.

Les institutions européennes devaient fermer jeudi jusqu’à lundi prochain inclus, pour les vacances de Pâques. « Certains disent que le Parlement sera fermé demain. Tout le monde a prévu de partir, mais on ne sait pas si on pourra. Ma famille voudrait que je rentre. Mais céder à la terreur, c’est la faire gagner. »

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Le Conseil, bâtiment où se réunissent les chefs d’Etat, n’a pas été évacué. Il est en face du Berlaymont. D’après une source y travaillant, « il est conseillé au staff de rester à l’intérieur ou à la maison ».

« Des pans de la vie d’avant continuent, raconte notre journaliste Florence Aubenas. Les conseils habituels se succèdent, comme si de rien n’était. »

Peu après l’explosion, « le bâtiment était déjà en alerte jaune : on ne peut dépasser une première grille d’accès que si on a un badge d’accréditation, selon notre journaliste Cécile Ducourtieux. Le Conseil est encore ouvert aux journalistes disposant d’un badge de six mois.
Mais les fonctionnaires européens ont interdiction de sortir des institutions avec leurs voitures. Des opérations sont encore en cours, dit la sécurité ».

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