À un an des élections, le gouvernement vient d’annoncer une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 1.2 % en plusieurs fois. Cette hausse est d’ailleurs la plus forte augmentation sur un an depuis 2005 ! Or, la hausse du point d’indice c’est le coût de 44 000 emplois dans le privé.

Par Nicolas Lecaussin
Un article de l’IREF-Europe

François Hollande à Grenoble en 2013 (Crédits : Saly Bechsin, licence CC-BY-ND 2.0), via Flickr.

La décision d’augmenter le point d’indice de la fonction publique est d’abord d’une mesure électoraliste car les socialistes espèrent mobiliser la fonction publique en leur faveur, ce qui est d’ailleurs régulièrement le cas, lors des élections de 2017. De plus, 2 députés PS sur 3 sont fonctionnaires ou dépendent de l’argent public. Ensuite, c’est une décision particulièrement égoïste et très inégalitaire dans un pays frappé par une grave crise économique et par un chômage de masse. Quel est le message donné aux millions de chômeurs et à tous ceux qui galèrent dans un secteur privé qui croule sous les réglementations et la fiscalité ? Incapable de mener à bien une petite réforme du marché du travail, on choisit d’augmenter les dépenses de l’État.

On l’a déjà écrit : la France est le seul pays à ne pas avoir fait une vraie réforme de l’État. Notre pays reste une usine à fabriquer des fonctionnaires : depuis 2013, la France a créé 40 % des nouveaux emplois publics dans la zone euro. On n’a pas touché au nombre de ses fonctionnaires, ni à leurs privilèges alors que dans d’autres pays, la crise de 2008 a été la grande occasion d’aller encore plus loin dans la baisse des dépenses publiques. Par exemple, le Royaume-Uni sous David Cameron ne s’est pas seulement contenté de supprimer 631.000 postes dans le secteur public entre 2010 et 2014 (sur la même période, la France a… créé 300 000 postes de fonctionnaires). Et, d’après les projections du ministère du Budget (HM Treasury), le nombre total de postes supprimés dans le public s’élèvera, d’ici 2019, à 1 million. Parallèlement, Cameron a aussi décidé de geler complètement les rémunérations des fonctionnaires entre 2010 et 2013, puis de bloquer à 1 % par an la hausse des salaires. Notre voisin a donc préféré la création d’emplois dans le secteur privé : depuis 2010, le Royaume-Uni a créé 2,5 millions emplois privés/nets.

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En France, cette hausse des salaires des fonctionnaires coûtera environ 2 Mds d’euros par an à l’État, donc aux contribuables. Sachant qu’un emploi dans le privé coûte en moyenne 45 000 euros/an, le coût de la hausse du point d’indice des fonctionnaires c’est l’équivalent du coût de plus de 44 000 emplois privés. Le pays en aurait vraiment besoin.

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