Le gardien de la paix qui a frappé un lycéen le 24 mars sera jugé en mai pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours. Le parquet a demandé son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer. Un juge des libertés et de la détention doit se prononcer dans la journée sur cette question.

Le policier de 26 ans avait été placé en garde à vue jeudi à l’Inspection générale de la police judiciaire (IGPN), qui avait été saisie après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un policier frappant un élève du lycée Henri-Bergson, lors d’incidents en marge des mouvements contre le projet de loi travail dans la capitale.

Sur la vidéo incriminée, on pouvait voir un élève tenu par les bras par deux policiers alors que l’un d’eux lui assénait un violent coup de poing en plein visage. Au micro de BFM-TV, l’élève en question s’était dit très choqué, et avait décrit une scène « extrêmement violente ».

Bernard Cazeneuve « choqué »

De son côté, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, s’était dit lui aussi « choqué » et avait demandé l’ouverture d’une enquête administrative, toujours à l’IGPN. La préfecture de police de Paris avait précisé que des lycéens avaient aussi jeté des projectiles sur des véhicules de police et provoqué des violences.

Le lendemain, des jeunes s’en étaient pris à deux commissariats parisiens, dans les 10e et 19e arrondissements, jetant notamment des projectiles sur les façades et tentant d’en briser les vitres blindées.

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Seconde enquête

Le parquet de Paris a ouvert une seconde enquête après la diffusion de deux autres vidéos où l’on voit notamment un policier en civil, visage dissimulé par un foulard et une capuche, donner des coups de matraque à des élèves, toujours devant le lycée Bergson le 24 mars.

Deux nouvelles plaintes ont été déposées vendredi par des élèves de ce lycée. L’un d’eux, interpellé le 24 mars, fait état de violences policières lors de sa garde à vue. Il a été mis en examen pour sa participation aux incidents.

La FCPE (parents d’élèves) du lycée Bergson avait critiqué « une intervention excessivement brutale et disproportionnée de la police » et demandé « l’abandon de toute poursuite » à l’égard de l’adolescent.

Des milliers de lycéens et d’étudiants ont manifesté contre la loi travail aux côtés des syndicats. Deux nouvelles journées de mobilisation sont annoncées les 5 et 9 avril.