Par le Parisien libéral.

Lil devil credits Darwin Bell via Flickr ( (CC BY-NC 2.0))

Le buzz du jour ! Le Monde, et quelques autres journaux associés à la publication des  Panama Papers, nous livrent les infos suivantes : Vladimir Poutine est un milliardaire qui a moyennement confiance en le système bancaire de son pays, Jérôme Cahuzac était décidément bien placé pour être le ministre anti-fraude fiscale (mais François Hollande ne savait rien, juré !), Michel Platini a bien dû encaisser ses primes de millions de francs suisses quelque part, et ça n’était pas sur son PEL à la Banque Postale, etc.

Bref, parmi les ultra-riches (HNWI, dans le jargon du private banking), il y a des gens qui franchissent la ligne jaune de la « défiscalisation », celle qui sépare les œuvres d’arts (non prises en compte dans l’ISF), la non-fiscalisation de l’IRFM des députés, les investissements dans les DOM-TOM, la possession de PME dans les zones de revitalisation rurale (ZRR), la niche fiscale des journalistes des comptes au Panama ou des montages offshores douteux.

Ces politiciens patriotes

L’info est choquante, mais surtout pour UNE catégorie particulière de personnes mentionnées comme étant des fraudeurs : comment se fait-il que des politiciens, ceux qui votent ce déluge d’impôts qui accablent des pays comme la France, la Belgique ou la Scandinavie pour ne parler que d’eux, donc comment se fait-il que ces politiciens mettent « leur » argent ailleurs ? (Et il est important de mettre des guillemets à « leur », car on parle en fait de l’argent du contribuable, de notre argent, donc). Et quand ces politiciens se disent « patriotes », on tombe dans le LOL WTF le plus complet.

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Mais peut-être que la réponse tient dans le niveau d’information : ces politiciens sont très bien placés pour savoir que si il y a des paradis fiscaux comme le Panama, c’est qu’il y a des enfers fiscaux comme la France. Ils sont bien placés, ces politiciens, pour savoir que la France ne survivrait pas sans l’existence de ces soupapes de sécurité que sont le Luxembourg, Andorre, Monaco ou les niches fiscales.

Car, à un moment, il faut quand même dire les choses comme elles sont : parce que les politiciens passent leur temps à financer avec l’argent de tous des mesures destinées à quelques uns, en espérant que les contribuables ne se révoltent pas, nous avons fini par atteindre un niveau critique. Nous sommes à un niveau de dépense publique de 57% par rapport au PIB. Et tout ça pour quoi ? Pour  faire fonctionner des écoles publiques désastreuses ? Pour ne pas être capables d’avoir un système carcéral qui respecte la dignité humaine ? Pour financer des guerres « contre le terrorisme » ?

Quand est-ce qu’on rappellera que le Liechtenstein, le Panama ou les Îles Vierges ne font de guerre contre personne et ne cherchent pas à imposer leurs législations aux autres (FATCA, on en parle ?) ?

Paradis fiscal pour tous

Plutôt que de construire des Murs de Berlin fiscaux (comme l’exit tax créée par Fillon en 2012) et de pointer les autres pays, demandons nous plutôt comment faire de la France un paradis fiscal pour tous, pas juste pour les Qataris qui, eux, n’ont pas besoin de mettre leur argent au Panama.

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Entre la folie taxatoire et les menaces sur l’existence du cash, certains ont choisi des solutions hasardeuses et illégales du type Panama Papers. Dommage, ils auraient pu s’organiser pour militer en faveur de l’arrêt de la progression des dépenses publiques, partout dans le monde, et en faveur de l’adoption de systèmes fiscaux simples et justes, type flat tax. Leurs fraudes vont maintenant servir à tous les étatistes interventionnistes de tout poil pour justifier un tour de vis liberticide supplémentaire. Ils seront d’autant plus enclins à agir en toute impunité que même le libre accès de la police et de la Sécurité sociale aux comptes bancaires des gens ne mobilise pas. Combien de temps avant que le ministre des Finances, Michel Sapin, pour ne citer que lui, nous annonce de nouvelles mesures de contrôle de tous (sauf des entreprises publiques détenues par l’État et qui opèrent dans les pays qualifiés de paradis fiscaux) ?

En tout cas, l’affaire des Panama Papers permet de rappeler que, partout dans le monde, se pose la question du « contrat social » entre contribuables, notamment les plus aisés, et les États.

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