La police panaméenne s’est rendue mardi 12 avril dans les locaux du cabinet d’avocats Mossack Fonseca, au cœur du scandale d’évasion fiscale dit des « Panama papers ». « En ce moment sont menées une perquisition, une inspection visuelle et une fouille au siège de la société » dans la capitale du pays, a détaillé dans un communiqué le ministère public, précisant que des opérations semblables étaient en cours « dans des filiales du groupe ».

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Depuis plusieurs heures, l’immeuble principal du cabinet est cerné par la police, devant lequel des dizaines de journalistes font le pied de grue dans l’attente de déclarations. Le système financier panaméen fait l’objet de sévères critiques depuis la publication par Le Monde et une centaine de médias internationaux des « Panama Papers », une fuite de documents qui a révélé comment Mossack Fonseca créait des sociétés offshore pour des milliers de clients à travers le monde.

« Les faits décrits dans des médias nationaux et internationaux sous l’appellation “Panama papers” vont faire l’objet d’une enquête », avait fait savoir le ministère public le 4 avril au lendemain des premières révélations sur le scandale d’évasion fiscale impliquant des hauts responsables politiques, sportifs ou du monde des affaires.

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Les autorités fiscales du Pérou ont perquisitionné lundi la filiale du cabinet à Lima pour y saisir des documents, tandis qu’à San Salvador, la police a saisi du matériel informatique la semaine dernière. La police panaméenne spécialisée dans les délits de propriété intellectuelle et de sécurité informatique s’était par ailleurs rendue lundi dans les locaux du cabinet, qui a porté plainte pour piratage et vols de documents.

Représailles « diplomatiques »

Un peu plus tôt dans la journée, le président du Panama Juan Carlos Varela a par ailleurs demandé à Paris de revenir sur la réinscription de son pays sur la liste des paradis fiscaux, faute de quoi, il exercera des mesures de représailles « diplomatiques », sans toutefois en préciser la nature.

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« Le gouvernement s’en tient à sa position et demande à la France, fermement et respectueusement, de reconsidérer sa position », a déclaré le chef de l’Etat à des journalistes, réaffirmant qu’il s’agissait d’une erreur et d’une disposition « non nécessaire ».

« Le Panama est ouvert au dialogue » et « nous allons nous diriger vers un accord avec l’OCDE [l’Organisation de coopération et de développement économiques] », mais pas sous la « contrainte », a conclu le président Varela.

Le 8 avril, la France a annoncé qu’elle replacerait en 2017 le petit pays latino-américain sur la liste noire des pays considérés comme non coopératifs en matière de transparence financière. dont elle l’avait retiré en 2012 et demanderait à l’OCDE d’en faire autant. Paris réagissait ainsi à la publication, le 3 avril, de l’enquête « Panama papers ».