Les gouvernements français et allemand ont affiché samedi 16 avril à Washington leur optimisme sur le dossier grec, laissant entrevoir la possibilité d’un prochain accord. Paris et Berlin ont cependant réitéré le besoin de maintenir le Fonds monétaire international (FMI) « à bord ».

« Nous avons mis à profit la présence [dans la capitale fédérale américaine] de beaucoup de responsables politiques et financiers pour avancer dans le bon sens », a affirmé le ministre français des finances, Michel Sapin. Ce dernier s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, à laquelle participait également son homologue grec Euclide Tsakalotos.

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Selon M. Sapin, les contacts qui ont eu lieu laissent penser qu’un accord pourrait être trouvé d’ici la réunion informelle des 28 ministres de l’économie de l’Union européenne (le Conseil pour les affaires économiques et financières, Ecofin), prévue les 22 et 23 avril à Amsterdam. Et ce dernier d’insister sur le besoin d’éviter de négocier à nouveau « en étant au bord du gouffre », comme ce fut le cas précédemment dans ce dossier.

Athènes tente de trouver un accord avec ses créanciers sur la poursuite du plan d’aide européen conclu à l’été 2015. Le FMI a assuré qu’il n’y participerait qu’à la condition que l’exécutif hellène procède à de nouvelles réformes et que les Européens acceptent d’alléger la dette du pays.

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Objectif réalisable, selon M. Tsipras

« Mon optimisme était déjà grand » avant les discussions de Washington « et il n’a pas diminué », a-t-il expliqué de son côté le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, pendant une autre conférence de presse. Lui aussi a laissé entendre que la réunion de l’Ecofin serait déterminante.

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Pour MM. Sapin et Schäuble, l’engagement du Fonds est un point déterminant. Son retrait « pèserait négativement sur la résolution du problème », a prévenu le Français. L’Allemand a de son côté rappelé que son parlement avait accepté l’aide à la Grèce à condition que l’instance internationale en soit partie prenante. Et celui-ci d’avertir qu’il ne pourrait que dire non à un accord en cas de défection du FMI : « Je n’ai pas les moyens d’agir autrement. »

La directrice générale de l’instance, Christine Lagarde, s’est, quant à elle, entretenue avec M. Tsakalotos. Dans un communiqué, elle a manifesté le soutien du Fonds à « un programme économique pour la Grèce reposant sur des mesures soutenables et réalistes ».

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Le premier ministre hellène Alexis Tsipras a pour sa part déclaré samedi sur la chaine de télévision ERT considérer qu’il y aurait « un accord très bientôt ». « Je pense que l’objectif que j’ai précisé, à savoir de conclure [les pourparlers] d’ici à la Pâque orthodoxe [le 1er mai] (…) est réalisable. » Les discussions doivent reprendre lundi.