Les faits

Mardi 19 avril, les téléspectateurs ont assisté à un curieux happening sur D8. Quelques minutes avant le début en direct de l’émission « Nouvelle Star », Gilles Verdez, chroniqueur de « Touche pas à mon poste » (TPMP), divertissement présenté par Cyril Hanouna, déambule, coiffé d’une perruque, dans les coulisses du télécrochet. Il débarque dans la loge de Joey Starr, un des jurés du concours de chant, l’enlace, lui tapote la tête et lui fait un « bisou ». Le rappeur, surpris par l’attitude du chroniqueur, n’apprécie guère : il lui flanque une gifle.

Le geste n’est pas très violent, mais une bague a touché l’arcade sourcilière de Gilles Verdez, qui se met à saigner. Cyril Hanouna décide alors de ne pas rendre l’antenne tant que Joey Starr n’aura pas présenté des excuses. Il exige de Fremantle, la société qui produit « Nouvelle Star », l’exclusion du rappeur. Au bout d’une vingtaine de minutes, le trublion du PAF termine TPMP, mais annonce qu’il ne fera pas son émission le lendemain. Du jamais vu dans l’histoire de la télévision ! Finalement, M. Hanouna était bien à l’antenne mercredi soir, Joey Starr ayant accepté d’enregistrer une vidéo où il regrette son « malencontreux geste ».

Mais « l’affaire » est loin d’être close. Les réseaux sociaux se sont enflammés. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a notamment été saisi par des téléspectateurs pour la gifle. L’instance a reçu plus de 200 plaintes et 300 interpellations via son compte Twitter. Les membres du CSA devraient se pencher sur l’épisode et examiner en particulier de quelle manière l’antenne a été « maîtrisée » en direct, une obligation stipulée dans les conventions qui lient l’instance aux chaînes.

L’animateur ne serait-il pas devenu le patron de facto du huitième canal ?

Sur le fond, cet épisode met aussi en lumière le poids pris par Cyril Hanouna au sein de Vivendi, dirigé par Vincent Bolloré. Depuis que TPMP attire jusqu’à 2 millions de fans et que sa société de production a signé avec le groupe français, propriétaire de D8, un accord pour cinq ans qui prévoit le versement de 250 millions d’euros pour concevoir des émissions, l’animateur ne serait-il pas devenu le patron de facto du huitième canal ? « Cyril Hanouna est un navire amiral extrêmement puissant pour la chaîne, notamment auprès d’une génération qui allait quitter la télé, mais j’ai pour mission de développer D8 dans sa globalité », assure Franck Appietto, directeur général de la chaîne.

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Preuve qu’il n’y a pas de « Hanouna dépendance », D8 assure qu’elle va, ces prochains mois, mettre à l’antenne des programmes qui ne sont pas fabriqués par H2O, la société de production dirigée par l’animateur. Deux jeux, l’un produit par Flab, l’autre par Terminal 9, seront ainsi diffusés cet été. La chaîne travaille également sur des magazines de société et des documentaires avec Guy Lagache ou Laurence Ferrari. Vivendi réfléchit enfin à un scénario où des programmes diffusés aujourd’hui en clair sur Canal+ seraient transférés sur D8.

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