Si la Grande-Bretagne sort de l’Union européenne, les Etats-Unis feront de l’Allemagne leur partenaire privilégié sur le vieux Continent. Tel est le message qu’a semblé vouloir délivrer Barack Obama lors de la première journée de sa visite à Hanovre, dimanche 24 avril. A l’issue d’un entretien de 1 h 30 avec Angela Merkel, le président américain, qui arrivait de Londres, a, devant la presse, prononcé un vibrant plaidoyer pour le traité de libre-échange transatlantique (TTIP), mais aussi multiplié les éloges à l’égard d’Angela Merkel, insistant sur le rôle que l’Allemagne avait pris ces dernières années sur la scène internationale.

Sur le TTIP, très contesté en Allemagne, Barack Obama a affirmé : « Je ne m’attends pas à ce que nous soyons en mesure de finir la ratification d’un accord d’ici la fin de l’année, mais je prévois que nous ayons terminé les négociations de l’accord ».

Comme Angela Merkel, il a jugé que le libre-échange était bon pour l’emploi, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Un credo qu’il a répété en début de soirée en inaugurant la foire de Hanovre, principal motif de son cinquième voyage en Allemagne.

Juste avant l’arrivée de M. Obama, le ministre de l’économie allemand, Sigmar Gabriel, a prévenu : ce traité de libre-échange transatlantique « va échouer » si les Etats-Unis ne font pas de concessions.

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« Du bon côté de l’Histoire »

Mais ce qui était surtout frappant, dans le discours du président américain, était l’insistance avec laquelle il a fait l’éloge d’Angela Merkel. Il a littéralement porté son « amie Angela » aux nues, louant sa constance, son leadership et sa loyauté. A ses côtés, la chancelière jubilait. Surtout quand, à la toute fin de son discours, Barack Obama, évoquant la crise des réfugiés, a jugé que « Merkel est du bon côté de l’Histoire ».

Certes, le président américain n’a pas manqué, sur le dossier ukrainien, de relever le rôle du « président Hollande », mais c’est manifestement sur « Angela » et sur l’Allemagne que les Etats-Unis doivent, selon lui, s’appuyer dans les années à venir.

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Evidemment, cela suppose que l’Allemagne s’implique encore davantage dans la gestion des crises internationales. Barack Obama a rappelé que les Européens, membres de l’OTAN, se sont engagés, en 2014, à accroître leurs dépenses militaires et à les porter progressivement à 2 % de leur PIB.

Engagement dans les régions en guerre

Angela Merkel n’a pas repris ce chiffre mais a indiqué que l’Allemagne doit « augmenter son effort pour la défense, notamment en ce qui concerne l’équipement matériel ». Celles-ci devraient passer de 34 milliards d’euros actuellement à plus de 39 milliards en 2020. Loin toutefois des 60 milliards qui correspondraient aux 2 % du PIB.

Angela Merkel a néanmoins insisté sur l’importance de l’engagement de l’Allemagne en Afghanistan, mais aussi en Afrique, aux côtés de la France, et en Irak. Elle a qualifié l’aide de l’Allemagne aux peshmergas en Irak de « changement de paradigme », tant l’Allemagne était jusque-là réticente à intervenir dans une région en guerre.

Lundi, le duo Merkel-Obama va s’ouvrir à trois autres partenaires puisque le président français François Hollande, le premier ministre britannique David Cameron et le président du conseil italien Matteo Renzi les rejoindront à Hanovre pour un tour d’horizon informel.

Mais, alors que le président français a insisté pour que le TTIP ne soit pas à l’ordre du jour, que le Britannique a emmené son pays sur la voie d’un référendum à l’issue incertaine et que l’Italien est pour la levée des sanctions vis-à-vis de Moscou, c’est surtout sur l’Allemagne que compte l’hôte de la Maison blanche, dont les compliments à l’égard d’« Angela » ne sont sans doute pas totalement dénués d’arrière-pensées.

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