Les sévères gelées qui ont sévi dans la nuit de mardi 26 à mercredi 27 avril 2016 ont causé des dégâts dans de nombreux vignobles de Bourgogne et en Indre-et-Loire. Les viticulteurs se disent très inquiets, car le froid devrait persister jusqu’à la fin de la semaine.

Dans certaines régions de l’Yonne, il a fait jusqu’à – 4 °C ces derniers jours. Dans le Chablisien, des vignerons ont opté pour la technique de l’arrosage afin que la température des bourgeons ne descende pas en dessous de 0 degré. D’autres optent pour l’allumage de bougies.

« On voit que c’est assez grave dans certains secteurs. C’est le cas notamment dans le Chablisien et la Côte-d’Or (côtes-de-nuits, côtes-de-beaune) ainsi que dans la côte chalonnaise », a observé Jean-Michel Aubinel, président de la Confédération des appellations viticoles de Bourgogne, interrogé par France 3 Bourgogne. « Nous sommes inquiets. »

Les vignobles d’Indre-et-Loire des appellations chinon, bourgueil et saint-Nicolas-de-bourgueil ont été également durement touchés par des « gelées noires » dans la nuit de mardi à mercredi et « au moins la moitié de la récolte est perdue », selon les responsables du secteur. « C’est assez clairement une gelée historique, de l’ordre de celle de 1994, et peut-être de 1991 », lorsque la presque totalité de la récolte avait été perdue pour ces appellations, a affirmé à M. Guillaume Lapaque, directeur des Associations viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe.

« Un effet du réchauffement »

« Tout l’ouest du département a été touché par des gelées allant de – 3 °C à – 4 °C, avec des pointes à – 6 °C, alors que les vignes sont en plein débourrage [ouverture des bourgeons], c’est-à-dire à un moment extrêmement critique », a-t-il précisé. Pour M. Lapaque, « c’est paradoxalement un effet du réchauffement climatique : les hivers doux avancent la date du débourrage, tandis que les gelées tardives ont toujours lieu à la même époque ». « Les parcelles en plaine ont été davantages touchées que sur les côteaux », a rapporté M. Jean-Martin Dutour, viticulteur à Chinon et président de l’appellation.

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La perte d’au moins la moitié de la récolte sur Chinon (la plus importante appellation avec 2 360 hectares), Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil aura « de lourdes conséquences économiques », a souligné M. Lapaque. « Outre la perte de la moitié du chiffre d’affaires pour les exploitations alors que la viticulture est le premier employeur agricole du département, nous risquons de perdre des parts de marché qui seront très difficiles à regagner », a-t-il assuré. « C’est compliqué pour les vignerons, car cette perte intervient après plusieurs années de petites récoltes, et ils n’ont plus de stock », a confirmé M. Dutour.