Par Daniel Girard depuis New York, États-Unis.

Même Donald Trump ne s’attendait pas à une victoire aussi éclatante. Son rival, Ted Cruz, avait tout misé dans cette primaire de l’Indiana. Le sénateur texan devait remporter la grande majorité des 57 délégués de l’Indiana pour se maintenir à flot dans la primaire, dominée largement par le milliardaire. Mais Donald Trump a tout balayé sur son passage. Après seulement quelques heures de dépouillement du vote, l’homme d’affaires avait déjà remporté l’État et la majorité de ses délégués. Sa victoire le plaçait ainsi bien au-delà de la barre des 1 000 délégués, tout près des 1237 requis pour remporter l’investiture.

Ted Cruz se voyait ainsi confronté à une dure réalité. Il ne reste plus que 448 délégués à récolter et, Donald Trump, à cause de son momentum, était devenu impossible à freiner.


Ted Cruz l’avait déjà dit : il resterait dans la course tant qu’il verrait un sentier victorieux se dessiner devant lui. Mais mardi soir, il a constaté que ce sentier n’existait plus. Il s’est retiré de la course.

Pour une rare fois, le milliardaire, qui se trouvait dans la Trump Tower de New York, entouré de sa famille, s’est adressé avec réserve à ses partisans. Le magnat de l’immobilier a admis avoir été surpris par l’ampleur de sa victoire. Il lui a fallu plusieurs minutes avant de féliciter Ted Cruz pour sa campagne vigoureuse. Il l’a fait avec grâce et souligné que le sénateur texan avait un brillant avenir devant lui.


Donald Trump estime que le temps est venu pour le Parti républicain de s’unifier pour vaincre Hillary Clinton. Et il en a discuté au téléphone avec Reince Priebus, le président du Parti républicain. Reince Priebus a écrit, sur Tweeter, que Donald Trump était maintenant le candidat républicain présumé.

Cet appel à se concentrer sur la lutte contre l’ex-secrétaire d’État a vite eu de l’écho sur Twitter.

Un Bernie Sanders coriace

Qui aurait dit, au début des primaires américaines, que le Parti républicain allait devancer le Parti démocrate dans le choix de son candidat à l’investiture ? Alors que le couronnement de Donald Trump n’est plus qu’une formalité, Hillary Clinton, même si elle continue de dominer son rival Bernie Sanders, ne parvient pas à lui asséner le coup de grâce pour l’écarter de l’investiture démocrate. Bernie Sanders a battu l’ex-secrétaire d’État en Indiana, et même si la victoire ne lui donne pas beaucoup plus de délégués qu’à sa rivale, elle l’empêche de cibler ses efforts sur Donald Trump. Mais cela n’émeut pas le sénateur du Vermont.

Plusieurs partisans du Parti démocrate se réjouissent de la victoire de Donald Trump, convaincus que Hillary Clinton ne fera qu’une bouchée du milliardaire, mais d’autres partisans prônent la prudence. Ils ont raison. Dans un sondage de l’institut Rasmussen du 2 mai dernier, Donald Trump devançait Hillary Clinton à 41% contre 39%

L’année de l’outsider

C’est l’année de l’outsider aux États-Unis. Beaucoup d’Américains ont perdu confiance dans les élites, qu’elles soient républicaines ou démocrates. Barack Obama a remporté les deux dernières présidentielles parce qu’il incarnait le changement et était inspirant. Hillary Clinton, elle, continue d’être vue comme calculatrice, peu sincère et indigne de confiance, une perception exacerbée par l’enquête du FBI sur l’utilisation, par l’ex-secrétaire d’État, d’un serveur non sécurisé pour l’envoi de courriels liés à ses fonctions.

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Sous-estimer Donald Trump ?

Donald Trump n’était pas censé remporter l’investiture républicaine. Les mêmes commentateurs qui avaient prédit son implosion disent maintenant qu’il ne fera pas le poids contre Hillary Clinton. Mais si on est sensible à l’air du temps, en Amérique, on sent le goût du changement. Il serait fatal, pour les démocrates, de sous-estimer Donald Trump. Parlez-en à Jeb Bush, Marco Rubio et Ted Cruz.



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