Les Nations unies et la Croix-Rouge pourront envoyer dans le courant du mois de juin des convois humanitaires dans au moins onze des dix-neuf villes encerclées par l’armée syrienne. Damas a donné son accord jeudi 2 juin alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne font pression pour le parachutage d’aide.

La liste des villes concernées a été communiquée par la mission syrienne auprès de l’ONU. Parmi elles, le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et la ville de Madaya à la frontière libanaise, mais aussi les villages chiites de Foua et Kefraya, qui sont eux encerclés par les insurgés.

A Daraya et Douma, dans la banlieue de Damas, seule l’aide médicale, les fournitures scolaires et le lait pour les bébés pourront être acheminés. Un premier convoi autorisé à rejoindre Daraya mercredi 1er juin ne contenait pas de nourriture alors que la ville rebelle n’a plus reçu d’aide alimentaire depuis 2012.

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Le départ d’un autre convoi prévu vendredi 3 juin a été reporté. « Il est choquant et complètement inacceptable que les camions ne soient pas autorisés à transporter de la nourriture », a déploré l’ONG Save the Children en Syrie.

Le largage de vivres, une opération complexe

En mai, les Etats membres du groupe international de soutien à la Syrie, dont la Russie et les Etats-Unis, avaient convenu que le programme alimentaire mondial pourrait larguer de l’aide aux localités assiégées si celle-ci ne pouvait être acheminée par voie terrestre. Mais l’ultimatum fixé au 1er juin est passé sans qu’aucune opération concrète ne soit lancée.

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L’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy ne pense pas qu’un largage imminent soit prévu par le programme alimentaire mondial

« Le programme alimentaire mondial n’a pas encore finalisé ses plans. Mais je crois que le processus qui conduira à des largages est engagé », a déclaré l’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy. Diplomatiquement, le survol du territoire ne pourra pas se faire sans l’accord du régime syrien et logistiquement, le largage serait de toute façon délicat à organiser. D’après Stéphane Dujarric, le porte-parole de l’ONU, la majorité des villes assiégées se trouve en zone urbaine et semi-urbaine, ce qui impliquerait le recours à des hélicoptères plutôt qu’à des avions.

Si Damas semble céder à la pression internationale, l’opposition syrienne voit surtout un moyen de tenir la communauté internationale à distance. La question des aides sera au cœur de la réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU vendredi 3 juin. Les cinq années de conflit ont fait 280 000 morts et poussé des millions de Syriens à quitter leur pays.

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