Christine Lagarde, le 1er juillet à Paris.

Christine Lagarde réagit pour la première fois après le vote des Britanniques en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Dans un entretien au Monde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) souligne les effets néfastes du Brexit sur la croissance outre-Manche. « Suivant les hypothèses, le PIB britannique perdrait entre 1,5 % et 4,5 % à l’horizon 2019, par rapport à ce qu’il aurait été en cas de maintien dans l’UE », estime-t-elle.

Lire l’intégralité de l’entretien : Christine Lagarde : « Il faut un immense courage politique à la zone euro »

« L’incertitude sera le maître-mot pendant un certain temps », s’inquiète la patronne du FMI, dont le deuxième mandat à la tête de l’institution débute mardi 5 juillet. Certes, les banques centrales, et notamment la BCE, interviennent pour relancer la croissance, mais c’est au prix de « mesures extrêmes, comme on le voit avec les taux négatifs, estime Mme Lagarde. On s’engage sur des chemins encore inconnus ».

Pour que la zone euro puisse répondre à ces défis et contrer la montée du populisme, il va falloir aux dirigeants « un immense courage politique », enjoint la directrice générale, qui trace une feuille de route exigeante. « Si les populations ne s’approprient pas les réformes qui accompagnent le projet européen, on ne peut pas réussir », insiste-t-elle.

  • Mettre l’accent sur les mesures de protection sociale

Dans le même temps, elle prend sa part de responsabilité. Alors que le FMI avait déjà reconnu ses erreurs sur la manière dont il avait géré la crise grecque, elle promet de « mettre d’avantage l’accent sur les mesures de protection sociale » nécessaires en cas de politique d’austérité. Elle ouvre également la porte à une « politique de relance », enjoignant à l’Allemagne et aux Pays-Bas d’utiliser leur « marge budgétaire » pour cela.

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« La mondialisation ne peut pas avoir des effets positifs seulement pour les 400 ou 500 millions de personnes qui sont sorties de la pauvreté absolue », insiste Mme Lagarde, soulignant la nécessité de développer les travaux menés au sein du FMI sur l’impact des inégalités, de la réduction des classes moyennes ou des effets du changement climatique.