Eduardo Cunha, fer de lance de la procédure de destitution de la présidente du Brésil Dilma Rousseff, a annoncé jeudi 7 juillet sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale, acculé par des soupçons de corruption.

M. Cunha s’est adressé à la presse en larmes :

« Il est public et flagrant que la maison [la Chambre des députés] est acéphale, fruit d’un intérim étrange, qui ne cadre pas avec ce que le pays attend de la nouvelle ère ouverte par la suspension de la présidente de la République [Mme Rousseff], et seule ma démission pourra mettre fin à cette instabilité. »

Le député évangélique ultraconservateur était suspendu de ses fonctions de président de la chambre basse depuis le début de mai pour entrave à la justice.

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Eduardo Cunha, 57 ans, est visé par de multiples accusations de corruption dans le cadre du scandale Petrobras, soupçonné notamment d’avoir alimenté un compte secret en Suisse avec des pots-de-vin de plusieurs millions de reais.

L’aile dure du parti centriste PMDB

M. Cunha, qui avait été élu président de l’Assemblée en février 2015, a tiré depuis décembre les ficelles de la procédure d’impeachment de la présidente Dilma Rousseff, dont il est le plus farouche adversaire. Il incarne l’aile dure du grand parti centriste PMDB, du vice-président Michel Temer, qui a claqué en mars la porte de la coalition présidentielle dirigée depuis 2003 par le Parti des travailleurs (PT, gauche).

L’explosion de la coalition gouvernementale a favorisé l’ouverture du procès en destitution de Mme Rousseff, accusée de manœuvres budgétaires et écartée du pouvoir le 12 mai au profit de M. Temer.

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La décision finale sur la destitution de la présidente suspendue est attendue pour la fin d’août. Une majorité qualifiée des deux tiers des sénateurs sera nécessaire pour la destituer définitivement.