Le fantasque fondateur du site de stockage de fichiers et de téléchargement MegaUpload, fermé en 2011, vient d’annoncer la création d’une nouvelle plateforme de partage de fichiers. Mais son goût pour les grandes déclarations et ses démêlés avec la justice jettent le doute sur ce nouveau projet.

Selon M. Dotcom, ce nouveau service offrira 100 Go de stockage gratuit, une synchronisation avec tout type d’appareil, avec des échanges de données chiffrés par défaut et sans aucune limite de transfert.

Kim Dotcom, de son vrai nom Kim Schmitz, s’est taillé une réputation sulfureuse à grands coups d’annonces flamboyantes se soldant souvent par de cuisants échecs. Cet Allemand de 42 ans a d’abord été un talentueux hacker, avant de tenter une carrière d’entrepreneur qui lui a permis de bâtir un véritable empire, mais lui a valu de nombreux démêlés avec la justice.

Procédure criminelle

En 2005, il fonde MegaUpload, un site Internet de téléchargement de fichiers devenu très populaire. Un nombre infini de films, de séries télévisées ou de titres musicaux y étaient disponible gratuitement au téléchargement, attirant la colère des ayants droits du monde entier. Contrairement aux systèmes de peer-to-peer comme BitTorrent, qui requièrent le partage des données entre chaque détenteurs des fichiers, MegaUpload permettait de télécharger les films ou autres contenus audiovisuels directement auprès des serveurs de l’entreprise. Le service était complété par une plateforme de streaming, elle aussi riche en contenus piratés.

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Avec sa liste de contenus inépuisable, MegaUpload figurait parmi les sites les plus visités au monde. Rien qu’en France, 7 millions d’utilisateurs s’y rendaient tous les mois au cours de sa dernière années d’exploitation, en 2011. Une entreprise lucrative, puisque parallèlement aux recettes publicitaires, Kim Dotcom proposait des services premium pour l’accès à du téléchargement plus rapide ou à du streaming illimité.

L’empire fondé par le hacker s’est écroulé lorsque le département de la justice américain a décidé de l’ouverture d’une procédure criminelle à son encontre, qui a abouti à la fermeture du site et à la saisie de ses serveurs informatiques.

En janvier 2012, Kim Dotcom a été arrêté en Nouvelle-Zélande, où il s’est installé deux ans plus tôt. Il lui est reproché d’avoir amassé plusieurs dizaines de millions de dollars et d’avoir lésé les ayant droits des œuvres piratées à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars. Il est libéré sous caution, et conteste par tous les moyens juridiques possibles la demande d’extradition que les Etats-Unis ont déposé à son encontre. En décembre 2015, un juge néo-zélandais a autorisé son extradition – Kim Dotcom a fait appel, et une nouvelle audience est prévue en août. S’il était extradé, il risque vingt ans de prison aux Etats-Unis.

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Une succession de flops

Malgré l’épée de Damoclès judiciaire qui se balance dangereusement sur la tête de Dotcom, celui-ci n’a pas abandonné l’idée d’un service de partage de fichiers. Début 2013, il lance un nouveau site de téléchargement, Mega, doté notamment d’un chat chiffré censé concurrencer Skype. Cette nouvelle plateforme subit de nombreuses critiques. Kim Dotcom l’a depuis complètement abandonnée, évoquant « une prise d’intérêt hostile » par un investisseur chinois.

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En 2014, il annonce la création d’une plateforme de musique en streaming, Baboom, et sort un album de musique électronique. Kim Dotcom promet que son produit va entraîner la fin de l’industrie du disque aux Etats-Unis, mais le fondateur de MegaUpload quitte finalement le projet, qui n’a jamais décollé.

Toujours en 2014, il se lance en politique en fondant l’Internet Party, qui doit, selon ses propres mots, mettre au cœur du débat politique en Nouvelle-Zélande les questions relatives à la surveillance de masse et aux libertés numériques. La formation ne récolte que 1,42 % des voix, et échoue à obtenir des sièges au parlement.