Par Éric Verhaeghe.

L’INSEE vient de produire une étude sur le salaire des fonctionnaires qui mérite d’être lue attentivement pour en comprendre le sel. Elle révèle en effet que les titulaires de la fonction publique ont vu leur rémunération augmenter de 1,5% entre 2013 et 2014.

La fausse baisse du revenu des fonctionnaires

L’étude de l’INSEE tente une sorte d’enfumage en annonçant un chiffre largement repris par une partie de la presse : le salaire des fonctionnaires aurait baissé. En fait, ce chiffre concerne l’ensemble des agents publics, y compris les innombrables cargaisons de CDD qui alimentent chaque jour les flots de recrutement public.

Il est à noter que ces légions de précaires bénéficient de rémunérations qui sont globalement à la baisse et dissimulent la situation des fonctionnaires placés sous statut.

La vraie hausse des revenus des fonctionnaires titulaires

Si l’on analyse l’évolution de la rémunération des fonctionnaires titulaires, la réalité devient très différente. Voici les éléments donnés par l’INSEE :

ericv

 

Le tableau montre clairement que le salaire net moyen des fonctionnaires augmente en réalité de 1,6% (avec une inflation de 0,5%) pour atteindre 2.702€. La hausse est particulièrement forte en catégorie C, avec une pointe de 2,1%, qui accroît le différentiel entre salariés du privé et salariés du public à niveau hiérarchique équivalent.

La hausse est encore plus forte dans les établissements publics administratifs, ces « filiales » du service public, qui connaissent une hausse de 2%.

Alors que les salariés du privé en place chez le même employeur durant deux années consécutives gagnent en moyenne 2.330 euros nets par mois, cette rémunération grimpe donc à 2.702 euros nets, soit un différentiel de 472 euros mensuels. Soit un différentiel de 20%.

A LIRE  Primaire à gauche, c’est quitte ou double

Ces petites nuances statistiques ne manqueront pas d’alimenter les polémiques à l’approche d’une année électorale où les fonctionnaires devraient faire l’objet de toutes les attentions de la part de la majorité parlementaire actuelle.

Sur le web



Article orginal