Par Charles Bwélé.

Elena Tonra from Daughter in 2014 by dingram_kiwi(CC BY-ND 2.0)

Elena Tonra from Daughter in 2014 by dingram_kiwi(CC BY-ND 2.0)

 

Le label britannique 4AD a l’art de dénicher des artistes/groupes qui forcent le respect et l’admiration : Cocteau Twins, Dead Can Dance, This Mortal Coil, Camera Obscura, Bon Iver, Atlas Sound, Grimes, Ariel Pink, Deerhunter, U.S. Girls… et Daughter, composé de la chanteuse anglaise Elena Tonra, du guitariste suisse Igor Hafaeli et du batteur français Remi Aguilella. En 2013, leur première mouture If You Leave avait marqué quelques critiques de la scène indie mais manquait d’un fil conducteur tant sur le plan lyrique qu’instrumental.

Trois ans plus tard, ils ont sculpté, policé et dérivé cette matière première pour concevoir Not To Disappear (paru en début 2016), sous la supervision du producteur français Nicolas Vernhes qui a auparavant chaperonné Animal Collective, Deerhunter, Spoon, Atlas Sound et The War On Drugs – pour ne citer qu’eux – dans son studio new-yorkais. Bref, une pointure sur la scène post-rock/folk et indie.

Chanteuse, parolière et guitariste, la londonienne Elena Tonra est incontestablement le pilier et la pointe de ce trident. Dans l’espace acoustique laissé vacant par les guitares saturées de Hafaeli et les percussions incisives d’Aguilella, sa voix claire, bassement mélancolique et délicatement accrocheuse, prend une dimension à la fois lunaire et intime, livrant des textes passablement torturés avec parcimonie.

Not To Disappear dévoile des influences qui s’étendent de Radiohead à Coldplay (à ses débuts) en passant par Florence & The Machine, avec un je-ne-sais-trop-quoi d’Emiliana Torrini et de The National. Entre mélodies folk, orages rock et réverbérations pop, Daughter a l’art d’alterner vol plané et post-combustion, et la manière d’illuminer les pénombres de l’existence.

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