Nous avons demandé aux lecteurs du Monde.fr de réagir après la fermeture de la dernière usine qui fabriquait des magnétoscopes en nous racontant ce que cet objet « capricieux, mais magique », leur évoquait : les soirées en famille ou entre amis à regarder des films et émissions âprement négociés, la porte d’entrée vers le cinéma, « la frustration immense de devoir rembobiner le film avant de le regarder », « les rituels et les tracas de nos belles technologies d’antan », et ce que les magnétoscopes, les VHS, leur nouveauté à l’époque et leurs imperfections avec le recul disent de notre passé et de notre futur.

Disney et VHS, par Violaine Dolfo

Les VHS sont définitivement associées dans mes souvenirs aux dessins animés Disney. Et pour cause, à l’âge de mes premiers films d’ado, les DVD avaient déjà remplacé les cassettes. De cette époque, je garde la frustration immense de devoir rembobiner le film avant de le regarder, ce rembobinage qui semblait durer deux heures et qui ne faisait que retarder le bonheur de mes 7 ans, qui devait commencer tout de suite maintenant.

Et, à chaque fois, je me promettais de rembobiner dès la fin du film pour m’épargner ce supplice la fois suivante. Et, à chaque fin de film, je me promettais d’être patiente la prochaine fois, parce qu’il était hors de question de rembobiner maintenant.

C’était ce texte bleu à chaque film avant le château Disney qui défilait trop vite pour être lu mais trop lentement pour être acceptable. C’était des bagarres avec mon frère et ma sœur pour savoir si on regardait « Hercule » ou « Rox et Rouky », et finir par se mettre d’accord sur « Le Roi Lion ».

C’était aussi le temps des cassettes de papa, tout en haut sur l’étagère, avec leur boîtier noir, et qu’il ne fallait pas toucher. Quinze ans plus tard, les cassettes sont toujours là, tout en haut sur une autre étagère, et n’ont jamais été touchées. Et bientôt les secrets de papa seront emportés par l’oubli, par la technologie et le temps qui avancent sans nous attendre. Parce que le vieux magnéto commence à ne plus très bien marcher.

Télécommande et films à gogo, par Thomas Thillou

Le premier magnétoscope que mes parents ont acheté aura été le dernier, puisqu’il a duré jusqu’à l’apparition du DVD. Il a révolutionné deux choses. D’abord, il avait une télécommande. Du coup, on pouvait passer par le magnétoscope pour regarder la télé et ainsi avoir enfin une télécommande. Le salon était grand, et il y avait une guerre froide permanente autour de « qui va changer la chaîne ? »

La deuxième révolution est plus personnelle : il m’a fait découvrir le cinéma. Mes parents enregistraient des films pour mon frère et moi. Ça a été d’abord ceux d’Hitchcock. Les cassettes de « 240 min » étaient utilisées pour mettre deux films. On les gardait bien rangées et étiquetées sous l’escalier, avec la critique de « Télérama » découpée et rangée dans la boîte, pour connaître la distribution.

Ça a été aussi la location des VHS, à la boutique de la ville voisine, permettant de découvrir beaucoup ce que les années 1980 et 1990 ont produit.

Mais le plus beau souvenir reste quand même la cassette préparée par mon grand-père : il y avait transféré tous ses vieux films sur lesquels j’apparaissais. Il y avait une émotion particulière à me découvrir ainsi bébé, mes parents jeunes, et les autres aussi, sur l’écran de télé, et sans avoir à sortir tout un matériel ou à changer des bobines.

240 min : la promesse d’enregistrer deux films sur la même cassette VHS.

Le vidéoclub, le vendredi après-midi, par Magali Tavier

C’était le début des années 1980. Le vidéoclub, le vendredi après-midi, où on pouvait louer quatre K7 pour le week-end, énorme. La découverte de chefs-d’œuvre et de navets. Et aussi l’enregistrement des émissions cultes de Lenoir ou de Philippe Manœuvre, et de centaines de clips des Cure, Duran Duran, Billy Idol, Pat Benatar, Bananarama… tout se mélangeait joyeusement sur mes K7, que je me revisionnais le mercredi, le matin tôt de préférence, quand mes parents venaient de partir au boulot. Il y avait aussi les films que j’ai vus des dizaines de fois, comme « Les hommes préfèrent les grosses », surtout pour la musique, d’ailleurs. J’oubliais presque le drame de la K7 qui se termine avant la fin du clip.

Une profusion de choix, par Maud Ehrhard

Mes parents ont acquis un magnétoscope au début des années 1980, quand personne n’en avait. J’étais enfant, mon amour du cinéma est né de la VHS. J’y ai découvert les westerns, les Hitchcock, tous les classiques hollywoodiens, tout ce qui passait en V.O. au « Ciné-club » d’Antenne 2 et sur FR3. Pendant ce temps, mon frère regardait en boucle « L’As des as », « L’Homme de Rio » et « L’Aigle des mers ».

C’était ça, la VHS : la liberté de regarder le film de son choix à tout moment. C’était nouveau, et ça n’avait pas de prix. C’était un vecteur de symbiose et d’harmonie, car se mettre d’accord sur le film en famille ou entre amis permettait d’être heureux ensemble.
Mes parents avaient 400 cassettes VHS, souvent avec deux films dessus. Les amis de deux générations nous les empruntaient beaucoup, car le choix était bien plus pointu qu’au vidéoclub.

Mon enfance n’aurait pas été la même sans notre magnétoscope, et je ne serais sans doute pas l’adulte que je suis aujourd’hui, si je n’avais pas eu cette liberté et cette profusion de choix.

« Amicalement Vôtre »

Quatre films par jour pendant sept jours, par Jérôme Jamin

A l’époque de la diffusion de « Chapeau Melon et Bottes de Cuir » et d’« Amicalement Vôtre » sur TF1 ou Antenne 2 au début des années 1980, le petit garçon de 12 ans que j’étais alors se consumait d’excitation lorsqu’il pouvait sécher les cours et regarder avidement un épisode de ces deux séries dites « cultes » aujourd’hui. Le générique de fin déroulait ensuite sous ses yeux des vagues entières de frustration de ne pouvoir garder contre son cœur le souvenir en images des aventures extraordinaires de ses héros.

Un jour, il eut l’idée d’enregistrer la bande-son d’un épisode entier sur magnétophone, qu’il se repassait le soir sous la couverture, les yeux clos, mais ouverts sur les images que faisaient naître contre ses paupières ces sons à la portée purement magique. Lorsque le magnétoscope se démocratisa, il rêvait que ses parents en achètent un, mais hélas ce produit n’entrait pas dans leurs priorités. Il réussit néanmoins à les convaincre d’en louer un lors des vacances de Pâques, pendant une semaine. Il put visionner ses films préférés à raison de 4 par jour pendant sept jours…

J’ai encore le cahier où j’avais noté les titres des films regardés avec mon petit frère, agrémentés d’un barème à base d’étoiles, préfigurant nos penchants pour la critique cinématographique. Et aujourd’hui que je possède une salle de « home cinema » en HD, rien ne me comble plus de plaisir que la lecture de ce vieux cahier.

Une collection faite avec passion, par Lily Cébon

Fin des années 1980, lorsque mon amoureux et moi avons emménagé ensemble, nos familles nous ont offert une télévision. Ni l’un ni l’autre n’avions décidé de faire entrer cette lucarne dans notre vie, trop occupés à lire, écrire, aller au cinéma et partager des soirées entre amis pour refaire le monde à l’occasion. Après avoir quand même exploré l’appareil, nous avons découvert La 7. Cette chaîne à été pour moi l’occasion de constater que la télé pouvait rendre intelligent. Je retrouvais le plaisir de faire des découvertes à travers le petit écran, comme quand mes parents, qui ont eu tardivement la télé, nous autorisaient, mes frères et moi, à regarder « Les Dossiers de l’écran ».

« La collection de VHS a été une des choses les plus difficiles à partager quand, dix ans plus tard, nos chemins se sont séparés. »

Nous avons cassé notre tirelire et sommes allés acheter un magnétoscope. Cet appareil magique faisait qu’on ne regardait pas la télé, mais on regardait La 7. J’affectionne particulièrement le souvenir de la voix de Michel Serres qui commentait « Tours du monde, tours du ciel ». Les amis me croyaient férue d’astronomie, j’apprenais certes des choses sur la vaste galaxie, mais surtout, à travers cette voix que je pouvais me repasser autant de fois que je le souhaitais, je rêvais. Nous avions mis au point une discipline pour enregistrer le « Ciné-club », et nous avons visionné tous les trésors du cinéma. La collection de VHS a été une des choses les plus difficiles à partager quand, dix ans plus tard, nos chemins se sont séparés. Nous n’en avons pas gardé rancune, tant cette collection à été faite avec passion.

« Les souvenirs qui marquent sont ces imperfections propres aux cassettes »

La liberté d’enregistrer, Nicolas Baron

Enfant, j’avais souvent le nez sur le magnétoscope, davantage fasciné par les lumières de son affichage que par la télévision sur le meuble au-dessus. Le bruit du moteur, si caractéristique quand il avalait la cassette et déroulait la bande à l’intérieur. Une chanson que je suis capable de chanter encore aujourd’hui. Une odeur d’appareil électronique.

La VHS, c’est cette liberté d’enregistrer des programmes, des émissions, des films, de planifier ces enregistrements (avec quelques surprises au moment du visionnage). C’est repasser, encore et encore, la même cassette, en l’usant toujours un peu plus. L’image qui commence à sauter après plusieurs dizaines de passages, le son qui ternit. Le bruit du rembobinage aussi. Interminable étape.

La vidéothèque d’une grosse dizaine de cassettes, dessins animés ou films originaux… Quelques cassettes de dessins animés qu’on s’échange à la récré… plus tard, des camarades qui ont « emprunté » dans la vidéothèque privée de leur père.

« Repasser, encore et encore, la même cassette, en l’usant toujours un peu plus. L’image qui commence à sauter après plusieurs dizaines de passages, le son qui ternit. »

Un plaisir nostalgique, par Clément Loire

Enfants, nous avions une importante collection de VHS achetées ou enregistrées via la télévision. Les souvenirs qui marquent sont ces imperfections propres aux cassettes, les bandes de couleurs vives apparaissant à l’écran qui, sur le moment, étaient mal jugées, mais qui, au fil du temps, en viennent à faire partie intégrante des films. Sur DVD, ces derniers n’avaient plus ce défaut caractéristique qui leur était propre… Un plaisir nostalgique qui ne peut être retrouvé qu’avec les VHS d’antan.

Un outil/témoin silencieux de ma jeunesse, par Franck Laugier

Mon adolescence, mes soirées VHS à 4 avec papa, maman et le frérot, à regarder le dernier film loué 25 balles au vidéoclub du coin. Puis tous ces bêtisiers et rétrospectives enregistrés et revus des dizaines de fois. Enfin, qui n’a pas eu un pote qui avait un pote qui avait deux magnétos et pouvait te pirater les films loués. Définitivement un outil/témoin silencieux de ma jeunesse.

Les bandes de couleurs vives qui apparaissent à l’écran et qui en viennent à faire partie intégrante des films.

Toute mon enfance, par Mélissa Lorigny

A la manière de Perec, je me souviens :
De l’obligation de toujours rembobiner une cassette avant de la ranger dans sa boîte ;

De la manière d’utiliser un crayon pour remettre la bande à sa place lorsqu’elle s’était déroulée ;

Du mot « cassette » simplifié en « K7 » pour vendre de vieilles VHS sur notre stand à la brocante des jouets ;

Du morceau de page de « Télérama » que glissaient mes parents dans la boîte de chaque cassette pour se souvenir de l’enregistrement qu’elle contenait ;

De la grande perte que nous avons vécue il y a quelques années en constatant que notre déménagement et notre vie dans l’environnement humide de la Réunion avaient détérioré toute notre collection de dessins animés Disney, et qu’on ne pouvait plus les regarder ;

Des copies sur CD-rom que nous avons dû faire de tous nos films de famille, parce que les cassettes ou le magnétoscope ne fonctionnaient plus…

Contact physique avec le film, par Sacha B.

J’entends encore dans mes oreilles le son bruyant de la bande magnétique de « Toy Story 1 » qui se rembobine, rituel de chaque fin de film. Tant d’heures passées à acheter ces VHS en vérifiant si le format PAL/Secam correspondait à mon magnétoscope. Plus qu’avec un DVD, il y avait ce contact physique avec le film, la bande magnétique, comme la pellicule des appareils argentiques, donnait l’impression d’avoir une bobine de film, un exemplaire unique. Il y avait d’autres points plus embêtants, comme la bande qui lâchait ou qui s’abîmait avec temps, ou la poussière qui s’accumulait dans le coin cassettes du salon…

« Peter et Elliott le dragon »

Coupures de trente secondes, par Audrey Broutin

Chez moi, on regardait toujours les mêmes cassettes : « Mary Poppins », « Peter et Elliott le dragon ». Ma sœur qui marchait à quatre pattes appuyait sur le bouton rouge et lançait l’enregistrement d’une émission aléatoire. C’est ainsi que je voyais les films : toutes les vingt minutes environ, il y avait une sorte de coupure pub qui durait trente secondes, et puis le film reprenait. Ça nous amusait tous, et nous étions toujours attendris par ces passages, témoins d’une époque révolue où ma sœur était encore un bébé. C’est mon meilleur souvenir du magnétoscope.

Le bouton rouge était le bouton d’enregistrement et la languette anti-enregistrement était parfois sur la cassette, parfois enlevée et le vide comblé par du scotch.

Une K7 aussi importante qu’un doudou, par Françoise Noiret

Au tout début des années 2000 était diffusée une série de documentaires, « Sur la Terre des dinosaures ». Mon fiston, qui avait 7 ou 8 ans, était fasciné par ce monde disparu. Je me suis empressée d’enregistrer les épisodes, avec la publicité avant, pour être sûre de ne pas louper le début, et avec la publicité qui suivait pour parer tout éventuel retard. L’enregistrement de ce documentaire a été visionné plusieurs dizaines de fois… jusqu’au drame.

Sa grande sœur, fan de « Plus belle la vie », a pris cette K7 pour enregistrer « par-dessus », un ou deux épisodes. LE D.R.A.M.E.

Inconsolable, mon fils a pleuré plusieurs jours, en réel manque de cet épisode qu’il adorait et connaissait par cœur, et n’a jamais accepté les excuses de sa sœur. Il n’a jamais voulu non plus qu’on lui offre le coffret. Il a maintenant 20 ans, et ce sujet revient encore dans les discussions de fin de repas de famille. Il ne l’a jamais oublié, et surtout, il n’a jamais compris pourquoi sa sœur s’était autorisée à effacer ce support si important à ses yeux. Un vrai « doudou » en version VHS.

Le rembobinage, un souvenir commun à tous les utilisateurs de magnétoscopes.

Un des symboles de mon enfance, par Vincent Lefevre

Qui pourrait décrire l’époque des magnétoscopes et des baladeurs-cassettes à un enfant d’aujourd’hui ? J’ai dépassé la trentaine, et moi-même je doute de mes souvenirs, parfois.

Je me rappelle les cassettes des Inconnus et de « Jurassic Park » regardées en boucle, des vidéoclubs, des rembobinages ratés qui me laissaient avec des kilomètres de bande magnétique dans les mains. La qualité d’image était médiocre, mais on faisait avec, faute de mieux. On luttait avec nos magnétoscopes qui étaient, pour moi, gamin maladroit, des engins capricieux mais magiques, surtout quand on arrivait à enregistrer tel ou tel film ou dessin animé. On regardait les belles jaquettes, qui faisaient peur parfois, et on lisait les synopsis au dos des boîtes. On avait tout le temps du monde quand on était gosse. Je dédicace ce petit témoignage aux personnes qui ont connu tous les rituels et les tracas de nos belles technologies d’antan.

La chute du mur de Berlin, par Natella Bouchiat

L’année de mon bac, le monde a changé. Le mur de Berlin est tombé. J’étais incroyablement émue d’assister à ce tournant. Ce soir où les Allemands ont pris leurs outils pour le démonter, j’ai couru attraper une cassette vidéo, pour immortaliser ce moment et pouvoir le montrer plus tard à mes enfants. J’ai la cassette, mes filles ont 14 et 18 ans. Mais je ne peux rien en faire, car plus de lecteur. Il y a quinze jours, je me suis résignée à la jeter. Tout doit être sur Internet de toute façon…

Du patrimoine, par Xouf

Il y avait la fameuse technique du scotch qui permettait d’enregistrer par-dessus une VHS protégée (summum de la « rebellitude » quand on a 10 ans), les crises de nerfs en tombant sur une « cassette pas rembobinée », le rembobinage en question qui pouvait prendre d’interminables minutes. La qualité moisie d’une cassette sur laquelle on avait enregistré 25 fois. Les raccords dégueulasses, quand on voulait couper l’enregistrement pendant la pub.

Attendre qu’un programme commence, le doigt prêt à appuyer sur le bouton « enregistrer » sans louper les premières minutes. Le fait de ne pas pouvoir changer de chaîne quand on enregistrait un programme. Le magnétoscope en fin de vie qui faisait de la charpie avec la bande de la cassette qu’on pouvait entendre souffrir sans pouvoir la décoincer. L’ultime crasse de dés-enregistrer le film préféré de la grande sœur. Et surtout, à l’arrivée du DVD, se demander le cœur serré ce qu’on va bien pouvoir faire de la collec de 300 films. Brocante ? Non ! Allez, on garde ça au garage, c’est le patrimoine !

« Le magnétoscope reste dans son carton, comme une relique »

VHS stockées et jamais lues, Frank Leclercq

La VHS, c’est l’époque où nous enregistrions tout ce que Les Nuls faisaient sur Canal+. On stockait tout, car on avait devant nous un humour moderne en phase avec nos références. On voulait garder une trace, un témoignage. Mais le DVD nous a rattrapés, et les VHS sont restées dans leurs cartons et le sont toujours, jamais visionnées. Elles sont devenues inutiles, mais je suis pourtant incapable de m’en séparer et le magnétoscope, hors d’usage depuis longtemps, reste lui aussi dans son carton, comme une relique.

Passé au blu-ray sans regarder en arrière, par Albert Bergonzo

En tant que cinéphile, j’ai quelques bons souvenirs liés au magnétoscope : les soirées passées au Virgin Megastore des Champs-Elysées, à chercher des films rares, importés des Etats-Unis, la découverte de genres que l’on ne voyait jamais au cinéma (Blaxploitation par exemple), et de bonnes soirées avec des amis. Mais enfin, la qualité technique du standard VHS était franchement mauvaise, et même sur un téléviseur à tubes, ça se voyait. Je suis passé au DVD, puis au blu-ray, sans regarder en arrière.

« Je pense aux locations de cassettes qui nous semblaient si extraordinaires, on avait, lorsqu’on y allait, l’impression de tout avoir, de tout connaître. »

Un lien entre les générations, par Pierre

Mon magnétoscope est tombé en panne il y a trois jours. C’est amusant, pendant des années, j’ai utilisé en famille cet appareil permettant de voir avec mes cousins, cousines, neveux et nièces, des vidéos de dessins animés. Un moyen de retrouver des classiques, mais aussi de transmettre l’idée que les DVD n’ont pas été l’unique moyen de diffuser des films.
Et puis, quel plaisir d’entendre le bruit du rembobinage et d’attendre sans savoir quand on va pouvoir enfin regarder son film !

Les vieilles VHS sont aussi un moyen de retrouver des vieilles émissions. Comme Proust avec sa madeleine, la VHS me rappelle des images soigneusement enregistrées par ma grand-mère – morte depuis, hélas – et par mon père – en pleine forme – pour moi, à ma naissance.
Enfin, je pense aux locations de cassettes qui nous semblaient si extraordinaires, on avait, lorsqu’on y allait, l’impression de tout avoir, de tout connaître.

« La VHS me rappelle des images soigneusement enregistrées par ma grand-mère »

Une technologie compliquée, par Françoise Langlaude

Lorsque nous passions des vidéos dans le service de pédiatrie où je travaillais, nous étions tous embarrassés, et même impuissants, devant cette technologie nouvelle pour nous, adultes de plus de 40 ans. Seule solution pour résoudre nos problèmes de mise en marche, appeler les enfants hospitalisés du service, nettement plus doués que nous pour comprendre leur fonctionnement, d’autant qu’ils devaient tous en avoir chez eux.

On n’arrête pas le progrès, par Aurélie Leroy

Des placards pleins à craquer de VHS avec des étiquettes : voilà le souvenir qui me reste en tête. Objets encombrants, dont les boîtes prenaient la poussière… Pas de nostalgie pour moi, qui aujourd’hui regarde en streaming et écoute la musique en ligne. Le numérique nous a fait gagner de la place tout en améliorant la qualité visuelle. Vive le progrès.

J’utilise toujours mon magnétoscope, par Frederic Lejeune

Nous utilisons toujours notre magnétoscope, un Goldstar. Comme il n’a jamais cessé de fonctionner, nous ne l’avons pas jeté, même si, en parallèle, nous utilisons du matériel capable d’effectuer et de lire des enregistrements numériques. Cela fait drôle d’apprendre que nous vivons dans un musée.

C’est surtout les enfants qui utilisent le magnétoscope, car à certains vide-greniers, on peut acheter beaucoup de cassettes Disney pour une bouchée de pain. Les enfants rigolent à cause des gros traits qui traversent l’écran, mais s’accommodent très bien de la cohabitation de plusieurs technologies. Le plus pénible, c’est mes collègues qui se moquent et qui ne comprennent pas que l’on utilise encore ce matériel dépassé.

Un matériel un peu dépassé.
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