Quelque 250 migrants qui commençaient à reconstituer un campement dans le nord-est de Paris ont été évacués dans le calme mardi 2 août par les forces de l’ordre, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. Les bénévoles ont eux dénoncé un « harcèlement ».

Matelas et cartons détrempés témoignaient mardi après-midi de l’opération menée avenue de Flandres, dans le 19e arrondissement, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse, alors qu’une benne s’apprêtait à déblayer le terre-plein sous les yeux réprobateurs d’une poignée de riverains.

« C’est la catastrophe en ce moment, on assiste à un harcèlement continu », affirme Loïc Horellou, un bénévole. Sur les 250 personnes contrôlées, « une vingtaine s’est vu proposer immédiatement un hébergement dans l’attente de leurs démarches de demande d’asile ». Pour d’autres, l’examen a abouti « à engager des procédures de réadmission » dans le pays d’Europe où elles ont déjà déposé une demande d’asile, ou à « des mesures d’éloignement du territoire ».

Opération de dispersion musclée

Dimanche, une opération de dispersion avait déjà été menée avenue de Flandres, faisant trois blessés légers parmi les migrants, qui ont été emmenés « en transport non médicalisé » à l’hôpital, a-t-on indiqué de source policière. Pour plusieurs bénévoles et migrants, le bilan s’élevait plutôt à cinq blessés.

« Les policiers sont arrivés au campement vers 22 heures. On était installés pour la nuit et ils nous ont poussés pour nous faire partir. Certains ont fait barrage et ont été frappés », explique Hassan, un Soudanais qui assure avoir lui-même reçu un coup de matraque. De source policière, on indique que les forces de l’ordre « ont été prises à partie » par les personnes présentes sur place.

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« Ces opérations seront renouvelées si nécessaire pour éviter la reconstitution de campements non autorisés », a indiqué la préfecture de police. Depuis l’évacuation du campement installé entre les stations de métro Jaurès et Colonel-Fabien, le 22 juillet, qui avait concerné près de 2 500 migrants, « des interventions régulières ont été mises en œuvre afin de préserver la salubrité et l’ordre public » et « éviter la réimplantation de nouveaux campements ».

La reconstitution de ces campements a entraîné 25 évacuations depuis juin 2015, organisées par la ville, la région, la police et les associations, avec à la clé des propositions de mise à l’abri se chiffrant autour de 12 000, selon la préfecture de région.

Début juin, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait annoncé la création par la ville d’un camp humanitaire pour accueillir, dès leur arrivée dans la capitale, les migrants en transit vers Calais ou ailleurs.

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