Par Emmanuel Bourgerie.

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En ces temps de restrictions budgétaires, François Hollande n’a toujours pas documenté les 50 milliards d’économies promis à Bruxelles. Pour rappel, il s’agit de trouver 50 milliards sur 3 ans, soit 17 milliards par an, alors que la dépense publique s’élève à plus de 1200 milliards. Pour vous donner un ordre de grandeur, l’horrible austérité imposée par le dogme allemand représenterait pour un smicard 14 euros d’économies par mois. IMPOSSIBLE vous dit-on.

Difficile de tailler dans la dépense publique, puisque chaque euro dépensé ne part pas dans la nature mais atterrit dans la poche de quelqu’un. On pense bien évidemment aux salaires des fonctionnaires, mais il serait extrêmement réducteur d’imaginer que la dépense publique s’y limite. Chaque euro de subvention est de la dépense publique, chaque euro donné aux collectivités locales est de la dépense publique, chaque euro d’aide sociale est de la dépense publique et chaque commande d’avion militaire est de la dépense publique.

La dépense publique est omniprésente et est devenue indispensable pour un grand nombre de personnes et d’entreprises. C’est pour cela que la réduire ne peut être fait que dans un contexte de croissance, afin que celles et ceux qui ne reçoivent plus d’aides puissent avoir une autre source de revenus. Le problème auquel nous faisons face aujourd’hui est que l’on tente de réduire les déficits dans un contexte de croissance nulle. Autrement dit, réduire la dépense causera des pertes d’emploi et des pertes de revenus qui ne pourront pas être compensées par de nouveaux emplois qui proviendraient de la croissance économique.

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Pourtant, si Hollande veut trouver 50 milliards sans mettre le pays à feu et à sang, il y aurait une solution : supprimer l’impôt sur les sociétés ET diviser par deux les aides aux entreprises (il y en a 110 aux dernières nouvelles, avant mise en œuvre du CICE). En gros, tailler dans la sécu des patrons.

L’impôt sur les sociétés est probablement le plus injuste qui existe. Il frappe les petites entreprises bien plus que les multinationales qui peuvent avec une aisance époustouflante le payer dans d’autres pays, il pénalise l’investissement au point de devoir créer le Crédit d’Impôts Recherche, et pour chaque euro prélevé aux entreprises il y en a 2 qui leur sont redonnées sous forme d’aides. Prenez dans la poche gauche de l’un pour mettre dans la poche droite de l’autre, au moins vous donnez l’impression de faire quelque chose d’utile.

Ce n’est certes pas la gauche qui ira pleurer une telle cure d’austérité. Et pour cause, c’est le patronat qui devra en assumer les conséquences : le même patronat qui demande sans relâche sa petite aide pour lutter contre la vilaine concurrence ultralibérale mondialiste. Le MEDEF veut du libéralisme et la fin de l’assistanat ? Grand-bien lui en face, mettons-le en première ligne.

Un tel choc permettrait enfin à la France d’aller voir Bruxelles avec ses objectifs remplis. Tant que la France continuera de chouiner alors qu’elle n’a pas encore fait la moindre réforme de fond, les Allemands continueront de se moquer de nous. En voici donc une qui lui clouerait le bec et qui ferait grincer des dents côté anglo-saxon.

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Et surtout, cette mesure serait un énorme tremplin de croissance. La France pourrait envoyer un message au monde entier : Elle est devenue un paradis fiscal. Finies les subventions, finie la bureaucratie inutile, finie la taxation à tout va, les investisseurs sont les bienvenus ici. Imaginez pouvoir afficher un taux de 0%.

Le modèle français est un modèle qui a été conçu avec des hypothèses de forte croissance. Mécaniquement, si vous faites remonter la croissance, vous comblez le déficit et vous obtenez les marges nécessaires pour entamer toute autre réforme.

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