Par Youri Chassin, depuis le Canada.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Il y a parfois d’heureuses coïncidences. Il y a à peine quelques jours, je faisais valoir dans un Point de l’IEDM que l’autonomie des écoles serait un facteur important d’amélioration de la réussite scolaire. Ainsi, abolir les commissions scolaires pour donner davantage d’outils aux écoles n’est pas qu’un débat de structures, n’en déplaise à certains, mais une décision utile pour les élèves.

Un exemple frappant, que j’ai utilisé plusieurs fois en entrevue : ce sont les commissions scolaires qui engagent les enseignants, pas les écoles elles-mêmes. Ces dernières se retrouvent donc avec les enseignants qui leur sont attribués, généralement par ancienneté. Il n’est pas possible de s’assurer qu’un enseignant se sente véritablement à l’aise dans l’approche ou les valeurs que l’école a choisies. Ça pose aussi des problèmes pour l’évaluation et le congédiement des enseignants incompétents, mais ça, c’est une autre histoire…

Les formules gagnantes des écoles anglophones

Aujourd’hui, dans le cadre de sa série de reportages sur les formules gagnantes des écoles anglophones, Daphnée Dion-Viens donne la parole au directeur de l’école secondaire St-Patrick’s. Voici un passage tiré de son article qui en dit long :

Comme plusieurs autres de ses collègues qui font partie de la commission scolaire Central Quebec, André Gosselin peut embaucher lui-même ses enseignants, sans passer par les ressources humaines de sa commission scolaire.

« Chez nous, c’est très décentralisé : 95% des profs que j’ai engagés, ça s’est fait dans mon bureau », lance-t-il. Si la décentralisation est si forte, c’est d’abord par choix mais aussi parce que la commission scolaire couvre un si vaste territoire qu’elle ne peut faire autrement que d’avoir des écoles davantage autonomes.

Le fait d’embaucher lui-même des enseignants permet de les sélectionner davantage selon le profil et les valeurs de l’école, précise M. Gosselin. Selon l’Association des commissions scolaires anglophones, le réseau scolaire anglophone est plus décentralisé que le réseau francophone.

La coïncidence est révélatrice. Il me semble que ce n’est pas si sorcier, comme formule gagnante. St-Patrick’s le fait, les 342 écoles privées le font, pourquoi pas les écoles francophones ? Qu’est-ce qui bloque au ministère de l’Éducation ?

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