mercredi 7 décembre, 2016
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L’obsolescence programmée, nouveau défi d’entrepreneurs



Par Patrick Coquart.

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer l’obsolescence programmée, désormais un délit depuis la loi sur la transition énergétique. Nous avons montré, à la suite des travaux de Thomas Lombès et Bastien Poubeau, que légiférer est une erreur car l’obsolescence programmée est très difficile à prouver.

En effet, contrairement aux rumeurs qui enflent ici ou là, les industriels ne conspirent pas en rendant trop rapidement obsolètes leurs produits, tout cela pour pousser à la consommation en alimentant la crise économique et écologique. Quoi que l’on dise, c’est toujours le consommateur qui fait l’acte d’achat, et celui-ci n’est pas exclusivement commandé par la durabilité du produit. Il suffit de faire les poubelles de sa rue pour constater que nombre de nos congénères jettent des produits en parfait état de marche.

On peut s’épancher devant son lave-linge qui doit être mis au rebut après vingt années de bons et loyaux services. On aurait tant aimé le garder encore un peu. Mais est-ce un mal de le remplacer ? Le nouveau consommera moitié moins d’eau que l’ancien.

En revanche, quand on souhaite garder sa vieille voiture qui rend encore de nombreux services, on se voit intimer de la mettre à la casse. En effet, vous pouvez prétendre jusqu’à 3 700 euros pour la mise au rebut d’un véhicule diesel immatriculé avant le 1er janvier 2006 et l’achat d’un nouveau véhicule. Une prime qui peut se cumuler avec le bonus écologique. L’aide totale, en cas d’acquisition d’un véhicule électrique, peut alors atteindre 10 000 euros.

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Bref, ce qui est bon pour votre voiture ne l’est pas pour votre lave-linge. Une vraie politique de gribouille. À moins que le Sapeur Camember ne soit l’instigateur de tout cela ; lui qui creusait un trou pour y mettre la terre d’un autre trou précédemment formé.

Des entrepreneurs viendront les solutions

obsolescence-programmee-rene-le-honzecHeureusement, il existe des entrepreneurs, des créateurs, des innovateurs. Plutôt que de l’État, de la réglementation, des normes, c’est bien d’eux que viendront les solutions.

Ainsi Boulanger, la célèbre enseigne d’électroménager et multimédia, a lancé, en novembre 2015, Happy 3D, une plateforme communautaire qui permet d’imprimer en 3D les pièces endommagées des appareils électroménagers. Comme le précise le site d’Happy 3D, il s’agit d’une démarche Open Source « qui vise à mettre à disposition librement des modèles 3D de pièces détachées des produits ». Chacun peut désormais imprimer les objets disponibles chez lui ou chez un tiers.

Vous pouvez d’ores et déjà trouver de quoi imprimer un bouton de plaque de cuisson, un bac de récupération d’eau de dégivrage, des cuillères doseuses, une fixation GoPro pour votre vélo, une trappe à piles pour la télécommande, un suceur pour l’aspirateur, etc. Près de 150 objets sont aujourd’hui disponibles.

Certes, les produits sont ceux des marques maison, Listo et Essentiel B. Mais Boulanger ne compte pas s’arrêter là. L’enseigne espère, en effet, être rejointe par les grandes marques internationales qui publieraient ainsi, à leur tour, leurs plans sur la plateforme.

Et si vous n’êtes pas bricoleur, vous pouvez vous rendre dans un Repair Café par exemple. Un concept apparu en 2013 à Paris : des bénévoles partagent leur savoir tandis que d’autres viennent faire réparer des objets qu’ils ne veulent pas jeter. De quoi trouver de l’aide pour diagnostiquer une panne, identifier la pièce à remplacer et installer la nouvelle pièce que vous aurez fait imprimer grâce à Happy 3D.

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Ce genre d’initiatives ne demande qu’à se multiplier. Encore faudrait-il pour cela laisser les individus entreprendre, ne pas les surcharger de taxes, les laisser jouir des fruits mérités de leur travail. Encore faudrait-il que l’Urssaf ne voit pas du travail dissimulé derrière la moindre action bénévole et ne cherche pas à l’accabler de charges sociales.

Bref, il faudrait davantage de liberté pour le bien de tous.

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