« Au-delà des murs » sur Arte : une série horrifique… française !

Synopsis : Lisa, jeune orthophoniste, s’installe dans une maison en ville dont elle a mystérieusement hérité. Elle découvre des pièces et des couloirs qui suscitent son effroi. La maison mouvante s’avère manipuler d’autres occupants, croiser d’autres espaces temps, pour mieux offrir à Lisa l’occasion d’un voyage initiatique.

Au-delà des murs Bande-annonce

 

Entre le conte fantastique, le thriller et l’horreur…

Hervé Hadmar et Marc Herpoux ont pour habitude de distiller un peu de conte, de fantastique et d’onirique dans leurs oeuvres, à commencer par Pigalle, la nuit qui contenait du Alice au pays des merveilles en toile de fond, ou plus récemment Les Témoins avec un Chaperon Rouge qui rodait. Pour Au-delà des murs, leur première série de genre qui ne contient pas d’intrigue policière, ils plongent totalement dans cet univers qu’ils ne faisaient que frôler jusqu’ici, avec des accents de Magicien d’Oz. Un pari osé pour Arte, puisque les séries françaises ne s’aventurent quasiment jamais sur ce terrain, et en partie relevé en terme de mise en scène, de décors, de suspense et de son malgré une mécanique un peu trop visible et un sous-texte psychologique qui manque parfois de subtilité. 

Les références se bousculent dans tous les genres, que ce soit au cinéma avec le film de fantômes coréen 2 Soeurs; le japonais Dark WaterLes AutresLa maison du Diable de 1963 « grosse référence fondatrice » pour le duo; et trois longs-métrages cultes signés Polanski : Répulsion « surtout pour le premier épisode« , Rosemary’s Baby et bien sûr Le Locataire; ou du côté des jeux vidéo dont ils sont très friands Silent Hill et Resident Evil. La série ne bascule jamais tout à fait dans l’horreur, mais reprend de nombreux codes du genre, et évite soigneusement de tomber dans ce qui se fait aux Etats-Unis en la matière, le but premier n’étant pas de faire sursauter le téléspectateur.

A LIRE  Rogue One : Felicity Jones a appris à se battre pour Star Wars !

Les créateurs reconnaissent par ailleurs que Les Revenants, la série française de Canal +, a permis de débloquer quelque chose chez nous, d’ouvrir de nouvelles portes, et qu’Au-delà des murs n’aurait probablement jamais pu exister sans elle. « Y’a 10 ans, la série ne se serait pas faite. Il y a une demande aujourd’hui de la part des chaînes et des amateurs de séries. L’avenir de la série est dans la fragmentation« . 

Un film de 3 heures découpé en 3 épisodes ?

Le format cher à Arte des mini-séries de 3x 52 minutes qui permet de tout diffuser en une seule soirée -et de ne pas dépenser trop d’argent- a malheureusement tendance à empêcher toute ambition. Les créateurs avaient au départ en tête une véritable mythologie autour de la maison au centre de l’intrigue, mais elle a dû rapidement être oubliée par manque de temps et de moyens. Vous ne verrez pas les pièces de la demeure bouger façon Cube

« J’étais un peu sceptique sur ce format au départ, mais c’est un objet hybride assez intéressant » a déclaré Hervé Hadmar en conférence de presse. « Il ne s’agissait surtout pas d’en faire un film » ajoutait-il, tandis que son compère Marc Herpoux précisait qu’Au-delà des murs n’était « pas d’une série comme on l’entend habituellement« . Mais dans le fond, c’est pourtant bien ce à quoi elle ressemble : un film, découpé en trois épisodes -ils préférent parler de « chapitres » comme en littérature- avec des coupures qui ressemblent vaguement à des cliffhangers. Mais dans le fond, si l’on coupe les génériques et que l’on met les épisodes bout à bout, devinez ce que l’on obtient !

A LIRE  Pas de suite pour Friends à cause des réseaux sociaux selon Jennifer Aniston

Le retour de Veerle Baetens

Révélée par le film Alabama Monroe en 2012 et retrouvée récemment dans Les Ardennes, la Belge Veerle Baetens, actrice et chanteuse, a tout de suite été séduite par le script d’Au-delà des murs qui lui a été envoyé. Un choix audacieux et payant, puisque l’actrice se révèle rapidement hypnotique, émouvante, en parfaite adéquation avec ce rôle exigeant, celui d’un personnage qui parle peu, dont toutes les émotions se lisent sur son visage. Une femme seule, rongée par la culpabilité, qui va se chercher dans cette maison et peut-être se (re)trouver au bout du dédale, derrière les murs, les obstacles et les douleurs. Une héroïne complexe comme la fiction française ne nous en propose que trop rarement. La dernière fois, c’était déjà avec ces mêmes créateurs avec le personnage principal de Les Témoins…



Cet article a trouvé sa source chez nos confrères Allo Ciné