Google et Salesforce auraient entamé des discussions préliminaires en vue d’acquérir Twitter.

Après quelques semaines d’accalmie, les spéculations sur l’avenir de Twitter sont reparties de plus belle vendredi 23 septembre. Selon la chaîne d’informations financières CNBC, la plate-forme aux 140 caractères, qui traverse une passe difficile, envisagerait de se mettre en vente. Des discussions préliminaires auraient même déjà été commencées avec Google, le géant du Web, et Salesforce, le spécialiste des logiciels dans le cloud.

A Wall Street, ces rumeurs, alimentées par la presse anglo-saxonne, ont suscité l’enthousiasme des investisseurs. L’action de Twitter a bondi de plus de 22 %, enregistrant sa plus forte hausse depuis son premier jour de cotation en novembre 2013. En une seule séance, elle a quasiment effacé toutes les pertes enregistrées depuis le début de l’année.

Pourtant, de nombreux obstacles doivent encore être franchis. A commencer par le prix. Selon le site spécialisé Recode, Twitter réclamerait 30 milliards de dollars (26,7 milliards d’euros), soit 3,8 milliards de plus que la somme dépensée en juin par Microsoft pour racheter LinkedIn, le réseau social destiné aux professionnels. C’est aussi beaucoup plus que sa capitalisation boursière de 13 milliards de dollars.

La croissance des recettes publicitaires ralentit

La première étape vers une vente semble cependant avoir été franchie. Jeudi 15 septembre, lors d’une réunion du conseil d’administration, cette possibilité aurait été abordée, malgré la réticence de Jack Dorsey, le cofondateur qui a repris les rennes de l’entreprise en juillet 2015. Selon le New York Times, deux pistes ont aussi été étudiées : un nouveau plan social et la cession de plusieurs activités, dont Vine, la plate-forme permettant de créer des vidéos de six secondes.

Si les dirigeants de Twitter sont prêts à franchir le pas, c’est que le plan de relance mis en place par M. Dorsey tarde encore à porter ses fruits. Fin juin, le réseau de microblogging comptait 313 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, soit à peine 9 millions de plus qu’un an auparavant. Aux Etats-Unis, son plus important marché, le nombre d’adeptes ne progresse plus depuis deux ans. Dans le même temps, la croissance des recettes publicitaires ralentit sévèrement. Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires a progressé de 27 %, contre un gain de 67 % lors du premier semestre 2015. La société continue également de perdre de l’argent. Depuis son lancement, il y a dix ans, elle n’a jamais dégagé le moindre profit trimestriel.

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Pression des actionnaires

Dès son arrivée, M. Dorsey avait prévenu que ses efforts prendraient du temps. Mais la patience des actionnaires a aussi ses limites. En l’absence de résultats, les pressions s’accentuent pour trouver une porte de sortie. Depuis des mois, Robert Peck, analyste chez SunTrust, prédit une cession de l’entreprise en 2017. « Si la croissance du nombre d’utilisateurs et de leur activité continue de progresser faiblement, Twitter n’aura pas d’autres alternatives », justifie-t-il.

Pour attirer de nouveaux adeptes, Twitter tente de simplifier son fonctionnement, par exemple en remettant de plus en plus en cause l’ordre chronologique inversé. Le groupe essaie aussi d’imposer de nouveaux produits. Lancée fin 2015, la fonctionnalité Moments, qui permet de suivre des sujets d’actualité, n’a cependant pas convaincu. Le dernier pari de M. Dorsey : la retransmission en direct de rencontres sportives. « Twitter ne semble pas capable d’évoluer pour séduire ceux qui ne comprennent pas sa valeur ajoutée ou ceux qui le trouvent trop compliqué à utiliser », rétorque Jan Dawson, analyste chez Jackdaw Research.

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Quatre noms d’acquéreurs potentiels reviennent avec insistance : Google, Salesforce, Microsoft et Verizon. Le premier cité fait figure de favori. Le rachat de Twitter lui permettrait notamment d’oublier ses nombreux échecs sur le segment des réseaux sociaux. La plate-forme pourrait être rapprochée de YouTube, son site de vidéos qui intègre de plus en plus de composantes sociales. En outre, Google possède l’expertise pour décupler les recettes publicitaires de Twitter. Problème : le groupe de Mountain View n’a pas l’habitude de dépenser autant d’argent pour mener une acquisition.

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Le prix pourrait aussi être un problème pour Salesforce, dont les investisseurs s’inquiètent déjà des 4 milliards de dollars dépensés en un an dans des rachats d’entreprises. La simple rumeur de son intérêt pour Twitter a provoqué vendredi une chute de près de 6 % de son action. Microsoft n’a, quant à lui, pas encore mené à son terme le rachat de LinkedIn. Et Verizon celui de Yahoo!.

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