Nouveau rebondissement dans le bras de fer judiciaire qui oppose le gouvernement américain au géant de l’informatique Apple. Washington pourrait se passer de l’aide que lui refuse la firme de Cupertino pour décrypter l’iPhone d’un des auteurs de l’attentat de San Bernardino.

Lundi 21 mars, les autorités fédérales ont en effet annoncé être sur la piste d’une méthode potentielle qui leur permettrait d’accéder aux données du téléphone. Une audience clé qui devait avoir lieu le lendemain au tribunal de Riverside en Californie a ainsi été levée dans la soirée, après le dépôt d’une motion demandant un délai pour tester « la viabilité » de cette solution alternative. Un rapport d’évaluation sera remis à la juge Sheri Pym d’ici le 5 avril.

Lire aussi : Apple contre FBI, les dessous d’une polémique

Pendant sa joute avec le géant technologique, le gouvernement a « poursuivi ses efforts pour accéder à l’iPhone », fait valoir un communiqué de presse du ministère de la justice. Selon ce texte, des « tierces parties » ont présenté, dimanche aux autorités, une manière de décrypter son contenu sans la coopération d’Apple. La police fédérale veut toutefois tester cette méthode pour s’assurer qu’elle ne « détruit pas les données du téléphone ». « Nous restons raisonnablement optimistes », conclut le communiqué.

Robert Enderle, un expert en technologies interrogé par l’Agence France-Presse, avance que « ces tierces parties » pourraient être John McAfee, créateur de l’antivirus éponyme, ou d’un ex-employé de la firme à la pomme.

Une boîte de Pandore

Les enquêteurs, soutenus par des familles de victimes, estiment que le contenu du portable pourrait les aider à déterminer comment a été organisé l’attentat du 2 décembre, mené par Syed Farook et sa femme Tashfeen Malik, notamment s’ils ont bénéficié d’aide extérieure. Le FBI veut qu’Apple l’aide à écrire un nouveau logiciel, ce que le géant informatique qualifie de « porte arrière » pour contourner les cryptages qu’il a installé sur ses smartphones.

Lire aussi : Le duel Apple-FBI s’invite au prestigieux festival SXSW

Celui-ci soutient argue que le cas du téléphone de M. Farook ouvrirait une boîte de Pandore et permettrait de justifier que les autorités demandent l’accès aux données personnelles de nombreux citoyens pour de multiples raisons, menaçant leur droit à la vie privée.

Lire aussi : Chiffrement : Apple hausse le ton face au FBI

Lors de la présentation de ses nouveaux modèles d’iPhone et de la tablette iPad, lundi, le patron de la firme à la pomme, Tim Cook, a de nouveau laissé entendre qu’il ne faiblirait pas dans son refus catégorique : « Nous devons décider en tant que Nation quel pouvoir devrait avoir le gouvernement sur nos données et notre vie privée. »